Yves Desmarets "Au Portugal, tu dis "Michel Preud'homme" tout le monde va lever la tête."

Le 18 09 2019 à 18h14

En exclusivité pour Leero Sport News, Yves Desmarets évoque Guimaraes, le futur adversaire du Standard de Liège en Europa Ligue et Paulo Sousa, l'actuel coach des Girondins.

Yves Desmarets, ancien joueur passé par Guimaraes pendant plusieurs saisons. A l’occasion du premier match d’Europa Ligue du Standard de Liège, il revient pour nous à propos de ce club particulier du nord du Portugal. Il n’en oublie pas de nous raconter Paulo Sousa, l’actuel entraîneur des Girondins de Bordeaux. 




Bonjour Yves, est-ce que tu suis encore Guimaraes ? 

Bien sûr que je les suis encore, c’est le club de ma ville. Aujourd’hui, c’est plus un collectif qu’avant. Il y a dix ans, il y avait toujours 2-3 joueurs qui sortaient du lot mais désormais, l’équipe change beaucoup et les dirigeants n’arrivent pas à garder leurs joueurs. Le club n’a pas l’argent pour garder ses meilleurs éléments mais il est unique au Portugal. Unique car tu peux aller à Porto et voir des maillots de toutes les équipes, même chose à Lisbonne mais pas à Guimaraes. Tu ne vois que des maillots de cette équipe partout.


Guimaraes est un club unique au Portugal

Qu’est-ce que ça donne en termes d’ambiance ? 

En termes d’ambiance, à la maison, c’est le feu. Moins qu’avant car tu as des gens qui se sont désabonnés mais la nouvelle direction a réussi à donner un nouvel élan. Pour te donner un exemple, c’est comme Saint Etienne en France. Le douzième homme, ce sont les socios. 


Le douzième homme, ce sont les socios. 


Y-a-t-il des Français qui y jouent ? 

Oui, tu as Hanin, latéral gauche qui a repris sa place. C’est un bon joueur formé au Havre. Après, c’est difficile de jouer à Guimaraes. Tu vois, après mon deuxième match, je n’ai pas pu rentrer chez moi. Le chauffeur du bus me dit, « ils nous attendent au stade, tu rentres pas », je réponds ; « mais c’est le deuxième match du championnat ! » Et il ajoute « ici, on n’a pas le temps ». Le football là-bas, c’est la fête pendant une semaine si tu gagnes mais si tu perds, tu rases les murs. Avec la coupe d’Europe, les gens sont contents à condition qu’il y ait des résultats. Mais la presse locale est réaliste : tu as une grosse poule avec Arsenal, Frankfurt, le Standard et Guimaraes donc. En Coupe d’Europe, ils ne sont pas favoris mais il suffit de bien commencer et après, tout est possible. 


Que peux-tu nous dire sur le jeu de Guimaraes ? 

Tu sais, ça va vite devant en contre attaque. Ils préfèrent lancer les attaquants sur les côtés. Au milieu de terrain, ce ne sont pas des grands créateurs. 


Tu vas au Portugal, tu dis "Michel Preud’homme", tout le monde va lever la tête


Quelle est l’aura de Michel Preud’homme au Portugal ? 

Tu vas au Portugal, tu dis Michel Preud’homme, tout le monde va lever la tête. Il a fait du super boulot, je n’ai que des échos positifs autour de lui. Au Benfica, c’est une légende. 


Y-a-t-il un entraîneur qui t’a marqué à Guimaraes ? 

Oui bien sûr, après les préliminaires de Champions League et Europa League. C’est Manuel Cajuda, je crois qu’il a arrêté de coacher. Aujourd’hui, il fait des séminaires car ici, ça se fait beaucoup. Si on l’écoute parler, c’est comme un livre. Beaucoup parlent avec un air supérieur mais lui il se met à ton niveau. C’est un coach qui m’a énormément marqué. Ce n’était pas le plus grand tacticien, mais tu allais à la guerre avec lui. 


Tu as aussi joué avec Selim Benachour, non ? 

Ouais, c’est mon pote. Il est parti et je suis arrivé à Guimaraes. Le club vient me chercher pour jouer en première division. Il ne fallait pas que le club perde pour monter. Ils ont perdu et sont descendus, Selim faisait partie de cette équipe et il est parti au Maritimo et moi je suis arrivé à Guimaraes. On a passé nos diplômes ensemble. 


J’ai un regret de ne pas avoir travaillé avec Paulo Sousa car il me voulait vraiment


Comment se fait-ce que tu n’aies pas plus de matchs avec la sélection haïtienne ? 

Wagneau Eloi m’avait appelé en 2006 mais le club n’avait pas voulu me laisser partir et c’était le club qui me nourrissait donc le choix était vite fait. Pour rentrer dans le staff après, c’est compliqué. Il y a un réseau installé depuis plusieurs années donc, bon … 


Est-ce que tu connais Paulo Sousa, l’actuel entraîneur des Girondins ? 

J’ai une belle histoire avec lui. C’est un coach qui connaissait très bien mon agent. Il a essayé de me prendre 3 fois. Il m’a appelé pour me dire qu’il adorait mon style de jeu, que je sois un de ses joueurs. Si un jour, je le croise, je voudrais le remercier pour les opportunités qu’il m’avait proposées. Trois fois, j’ai fait le mauvais choix. A Swansea, à Leicester. Quand je signe au Deportivo Coruna, je rejoins le coach Miguel Lotina et des joueurs fabuleux comme Valeron, Filipe Luis qui part après à l’Atletico. Mais quand j’arrive à la Corogne, ça ne se passe pas comme prévu où le coach après avoir insisté pendant 3 ans pour que je rejoigne son club, me mets des bâtons dans les roues sans que je sache pourquoi. Après la saison, on descends en Segunda après un match contre Valence, il appelle mon agent et lui demande de me faire venir à Videoton, en Hongrie. Caneira était parti là-bas la même saison où j’aurais dû y aller. Finalement, j’avais une autre proposition à Edimbourg (Heart of Midlothian) avec Paulo Sergio qui m’a convaincu mais ce n’était que du vent. C’était la pire idée que j’ai eu car Paulo Sousa avait une offre écrite pour moi, à la fin je n’ai rien eu, ni l’Ecosse, ni la Hongrie. J’ai un regret de ne pas avoir travaillé avec lui car il me voulait vraiment mais j’ai été un peu mal orienté aussi, mais c’est le foot. 

J’espère qu’il va vous redonner des couleurs à Bordeaux, c’est tout le mal que je lui souhaite.


Le Standard était venu me chercher en 2009-2010 pour remplacer Jovanovic

Qu’est-ce que tu vois comme résultat pour le match entre le Standard et Guimaraes ? 

C’est marrant que tu sois venu me parler du Standard car ils étaient venus me chercher à l’époque, j’ai d’ailleurs retrouvé l’article. C’était en 2009-2010 pour remplacer Jovanovic qui partait. Les journalistes belges m’avaient appelé. Il y avait Schalke, Fulham, Bursaspor et finalement, j’opte pour la Corogne qui est à deux heures de Guimaraes, c’était le choix le plus judicieux pour la famille. Dès la première année où je pars de France, je fais une super saison avec Guimaraes et là, Saint Etienne, Metz me contactent alors que je venais du monde amateur. 

Pour répondre à ta question, moi qui suis noir et blanc jusqu’à la fin de ma vie, ça va être un match compliqué là bas, si Guimaraes fait 1-1, ça sera pas mal. 


Merci Yves !

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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