Oleg Iachtchouk : "MPH a eu des résultats partout où il est passé. Sa rigueur et sa discipline n’y sont pas étrangères." #STACER

Le 02 12 2019 à 21h04

En exclusivité pour Leero Sport News, Oleg Iachtchouk est revenu sur le match Standard - Cercle Bruges et l'équipe d'Ukraine avec Andriy Shevchenko.

Plusieurs fois champion de Belgique et surtout monument du Cercle Brugge, Oleg Iachtchouk, milieu offensif de grand talent a répondu à nos questions en exclusivité avant Standard-Cercle, lui qui a atteint la finale de Croky Cup en 2010 perdue face à la Gantoise. 


Bonjour Oleg, vous êtes aujourd’hui dans le staff d’Anderlecht. Quelles sont vos missions principales ? 

C’est surtout transmettre aux jeunes toute l’expérience que j’ai vécu et ça fait plaisir de voir certain grandir comme Yari Verschaeren que j’ai eu en première année et qui maintenant joue en équipe une. Bien sûr, c’est pas seulement mon rôle, j’essaye de transmettre la philosophie du club. 


Ca fait plaisir de voir certains grandir comme Yari Verschaeren que j’ai eu en jeunes


J’ai l’impression que vous avez une histoire particulière avec Glen de Boeck, l’ancien entraîneur du Cercle. Qu’en est-il ? 

Avec Glen c’est une drôle d’histoire. Quand je suis venu la première année à Anderlecht, au moment où j’atterris, on doit, sur le chemin, aller voir un joueur d’Anderlecht qu’on a opéré et c’était Glen de Boeck. Après j’ai eu l’occasion jouer 10 ans avec lui. Quand je suis parti en Grèce, j’ai joué avec Vercauteren et lui. Cela se passait bien mais mes enfants devaient retourner à l’école, j’avais presque signé le contrat en Hollande et à l’aéroport pour repartir en Ukraine, je suis tombé dans la même file que Serguei Serebrennivov. C’était comique car on commence à discuter, il me demande ce que je deviens et il me dit que Glen est arrivé à Bruges, je lui réponds qu’il connait mon numéro s’il veut me contacter et juste après, quelque secondes, il m’appelle. Seguei peut confirmer, c’était fou. 


Mon transfert au Cercle Bruges s’est fait dans la file d’attente à l’aéroport avec Serguei Serebrennikov 


Comment cela se passe ensuite ? 

Honnêtement, je dis à Glen que mon contrat est presque signé et puis à un moment, je réfléchissais, faire la route tous les jours, c’était compliqué et puis je me suis dit pourquoi pas, « je suis ici à la maison », et j’ai changé d’avis comme ça et mes enfants ont pu rester en Belgique pour étudier. 


Au début à Bruges, les journalistes étaient sceptiques sur mon état de forme 


Vous arrivez au Cercle Bruges mais était-ce simple dès le début ?

Ecoutez, moi je me souviens au tout début, il y avait des discussions sur mon état de forme et mes blessures. Ils avaient pris aussi Besnik Hasi qui était un ancien d’Anderlecht et qui ne jouait plus à Lokeren. Au tout début, ce n’était pas terrible, dans les journaux, on disait que le Cercle allait descendre. Cette année là, on perd De Sutter après la phase aller alors qu’on est dans le top 3. On n’a pas su le remplacer, ce fut une déception. Mais si vous regardez bien, avec tout le respect, on termine meilleure attaque et meilleure défense du championnat. 


Si on garde De Sutter pour la phase retour, on aurait pu accrocher une meilleure place


Comment pouvez-vous nous décrire ce club de Bruges à l’époque où vous y étiez ? 

Quand je suis venu, j’avais connu le top. J’ai senti qu’il y avait beaucoup de choses qui n’était pas au niveau professionnel comme la cafétéria par exemple mais c’était une club familial et c’est pour ça que cela a fonctionné et que cela a rapproché les gens. Au début, on n’avait pas beaucoup de spectateurs et puis le stade était ensuite plein après nos belles performances. 


Le Cercle Bruges est un club familial et la mayonnaise a pris


Vous atteignez la finale de Croky Cup en 2010 perdue face à la Gantoise. Quels souvenirs en gardez-vous ? 

Chaque fois, je repense à cette finale là car on dit toujours qu’il faut oser, aller en avant et après le match, il ne faut pas avoir de regret. Et cette fois là, on n’a pas fait assez, on n’était pas assez dangereux et on a eu des regrets justement. Nous étions peut être dépassés par l’évènement. En championnat, on avait joué La Gantoise, on avait gagné 4-1 à la maison contre eux mais en finale, nous avons été sûrement trop nerveux. On n’a pas fait assez. 


Je repense encore à cette finale de Croky Cup en 2010 et j’en ai des regrets


Que pensez-vous du Standard de Liège ? 

Le Standard c’est toujours difficile à jouer et en plus l’équipe marche bien. Ca ne sera pas facile non plus pour eux car le Cercle avec leur nouvel entraîneur a prouvé qu’ils pouvaient jouer contre n’importe qui. Je l’ai vu avec Anderlecht où le Cercle était bien revenu dans le match. Grâce à leur nouvel entraîneur, ils sont plus organisés. J’aime bien leur numéro 8, Stef Peeters et son super pied gauche. 


MPH a eu des résultats partout où il est passé. Sa rigueur et sa discipline n’y sont pas étrangères. 


Avez-vous une anecdote avec Michel Preud’homme ? 

Ouf ! Non je n’ai pas d’anecdote particulière mais cela fait des années que je connais Michel. Il a eu des résultats n’importe où il est passé. Maintenant, au Standard, ils sont biens aussi. Il est discipliné avec une bonne organisation. Après, on est jugé par ses résultats sinon, l’entraîneur le paye (rires). 


Les bonnes performances des clubs belges en Europe sont flatteuses pour nous


Quelle est votre analyse sur les bonnes performances des clubs belges sur la scène européenne ? 

Cela fait plaisir car il y a beaucoup de joueurs que je connais à Bruges notamment. Quand les équipes belges performent en coupe d’Europe, cela met notre championnat en valeur et c’est forcément flatteur. 


Ole Martin Arst était un super mec apprécié par tout le monde.


Nous avons reçu Ole Martin Arst, ancien d’Anderlecht et du Standard avec qui vous avez joué. Un mot sur lui ? 

Il était grand et c’était quelqu’un de très sympathique et apprécié par tout le monde. Il était super. Je lui passe le bonjour. 


L’Ukraine a remporté la Coupe du monde U20. Comment l’avez-vous perçu ? 

Bien sûr, cela fait toujours plaisir quand ton pays gagne. On a toujours eu des bons joueurs mais les joueurs grandissent, ils ont du mal à voir nos jeunes percer au plus haut niveau. Physiquement et mentalement, nos joueurs sont plutôt costauds.


Malinovskyi a la tête sur les épaules et va exploser tout doucement 


Ruslan Malinovskyi a rayonné sur la Jupiler Pro League l’année dernière. Le connaissez-vous ?

Je connais bien personnellement Ruslan. C’est une personne magnifique et le plus important : il a la tête sur les épaules. Il travaille toujours à fond. Si tu as quelque qualités et que tu travailles dur, tu y arrives. Et là, on voit que tout doucement, il a explosé, il joue en équipe nationale et c’est bien pour lui. 


Bordeaux était en contact avec Malinovkyi mais Genk ne voulait pas le laisser partir sous n’importe quelle condition 


Il était suivi par beaucoup de clubs comme Bordeaux. Comment avez-vous vécu son transfert ? 

Effectivement, Bordeaux était en contact mais c’était déjà compliqué de partir car Genk ne voulait pas le laisser filer sous n’importe quelle condition et c’est déjà bien qu’il soit parti en Italie. A un moment, le joueur avait tout donné au club, il venait d’être champion, c’était le moment opportun pour quitter la Belgique. 


Quelle évolution pour l’équipe d’Ukraine ? 

Comme je disais, on avait des équipes de jeunes jusqu’en espoirs de très bon niveau. On a eu de très bonnes performances comme notre 3eme place aux Championnats d’Europe à Dublin. J’ai eu l’occasion de jouer avec Andrei Shevchenko en pointe pour les Europe U17 en Espagne. Je peux vous dire déjà qu’à ce moment, il était déjà en équipe A. Il était descendu avec nous exceptionnellement pour venir nous renforcer mais tu vois, même Raul n’était pas descendu avec les jeunes. On a vu sa carrière au Milan … c’est extraordinaire. 


Shevchenko était descendu avec les jeunes pour l’Euro U17 en Espagne alors qu’il était déjà sélectionné avec les A


Que peut-on vous souhaiter pour la suite ? 

Je pense que le plus important est d’avoir une bonne santé et partager toute mon expérience que j’ai vécu pour tous les jeunes qui rêvent un jour d’être pro. C’est difficile mais celui qui y croit et qui est mentalement prêt, y arrivera. 


Merci Oleg ! 

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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