Ivan Leko : "Ce fut difficile de passer après Michel Preud’homme. (...) Le titre avec FC Bruges fut un moment extraordinaire.

Le 12 02 2020 à 17h28

Ivan Leko, l'ancien T1 du FC Bruges a évoqué son actualité, sa carrière en Belgique, Michel Preud'homme et les Girondins de Bordeaux en marge du match entre le Standard de Liège et le FC Bruges.

Ivan Leko, entraîneur emblématique du FC Bruges nous a accordé quelque minutes de son temps après s’être séparé de Al Ain en fin d’année dernière. Après avoir remporté le titre en 2018 et bâti l’un des plus beaux effectifs de Jupiler Pro League, Ivan Leko est aujourd’hui à l’écoute de nouveaux projets sportifs. En marge de Standard de Liège-FC Bruges, il nous en dit plus sur son amour du football. 


Bonjour Ivan, vous avez commencé à entraîner Saint Trond où vous avez lancé un jeune joueur : Jonathan Bamba. Que pouvez-vous nous dire sur lui ? 

Il était très jeune avec un caractère particulier mais un super joueur. Je ne suis pas étonné de sa progression. 


Jonathan Bamba est un super joueur avec un caractère fort


Qu’est-ce que vous aimez particulièrement dans votre fonction ? 

J’adore bosser avec de jeunes joueurs qui ont de l’ambition et qui veulent aller de l’avant. Pour moi, ces 3-4 dernières années, l’une de mes plus grandes satisfaction est d’avoir pu faire évoluer ces jeunes talents. 


Vous avez lancé Yohan Boli à Saint Trond. Quels souvenirs en gardez-vous ? 

Bien sûr que je me souviens de Yohan. Il avait aussi un sacré caractère mais les grands joueurs doivent avoir quelque chose en plus. Les premières semaines ont été difficiles avec lui car il voulait un traitement de faveur et je lui ai dit que s’il acceptait de jouer pour le collectif, il deviendrait l’un des meilleurs joueurs de la saison. La suite, on la connait et aujourd’hui, je suis content pour lui qu’il s’épanouisse au Qatar. 


Quand Yohan Boli a accepté de jouer pour le collectif de Saint Trond, il est devenu l’un des meilleurs joueurs de la saison


Difficile de ne pas vous parler du FC Bruges. Racontez-nous votre arrivée là-bas…

Je me souviens très bien de ces deux années incroyables au FC Bruges. Cela a été difficile de passer après Michel Preud’homme qui avait fait de l’excellent travail et puis j’étais un jeune entraîneur à l’époque. C’était une grande étape pour moi et si le club au travers du président m’a parfaitement accueilli, ce n’était pas le cas des journalistes et des fans qui étaient septiques sur mes capacités. Et finalement, nous avons produit l’une des plus belles saisons dans l’histoire du FC Bruges, nous avons fait monter des jeunes du centre de formation, nous avons réussi à avoir 6 points en phase de poule de Ligue des Champions, c’était fantastique car d’ordinaire, le club perdait tous ces matchs dans cette compétition. Et puis bien sûr le titre de champion, un moment extraordinaire. 


Ce fut difficile de passer après Michel Preud’homme. (...) Le titre avec Bruges fut un moment extraordinaire. 


Hans Vanaken est soulier d’or. Vous le connaissiez d’avant votre venue, je crois, non ?

Hans Vanaken a une histoire particulière avec moi car je l’ai vu jouer quand je finissais ma carrière à Lokeren. Le plus important a été de le faire évoluer dans son jeu et le placer en numéro 10 dans un 3-5-2. Il fallait le convaincre qu’il pouvait jouer encore mieux dans ce schéma. Il a un mental de guerrier et il mérite ce qu’il lui arrive.

J’ai réussi à convaincre Hans Vanaken de changer son jeu et ça a payé 


Même chose, le Brésilien Wesley qui arrive de Trencin avait beaucoup de difficultés à percer. Qu’avez-vous changé dans son jeu ? 

Le club l’a fait venir de Trencin en effet. Il avait du talent mais il devait bosser énormément notamment sur les séances de groupe afin d’encaisser les exigences du haut niveau. Mais en deux ans, il a fait d’immenses progrès et le club en a récolté les lauriers avec ce beau transfert vers Villa. 


Wesley a beaucoup travaillé les séances de groupe et il en a récolté les lauriers avec son transfert vers Villa 


Vormer, l’infatigable capitaine vous a aussi été d’un grand secours dans votre aventure à Bruges, non ? 

C’est un super capitaine. Nous lui avions donné le brassard sans rechigner, c’était évident. Il est capable de se mettre le cul par terre pour ses coéquipiers. Tu m’as parlé de Hans Vanaken mais le ciment de notre équipe était Vormer. Il était un relais et un poumon incroyable de motivation. Il ne lâchait rien et se défonçait pour ses gars. 


Vormer est capable de se mettre le cul par terre pour ses coéquipiers


J’ai été surpris de vous voir partir aux Emirats. Qu’en est-il aujourd’hui ? 

Tu sais, le football européen me manque. Je suis parti aux Emirats car c’était le bon moment pour le faire mais maintenant, j’ai envie de relever un nouveau défi en Belgique, France ou Allemagne. J’ai beaucoup d’énergie à donner dans un club et au plus haut niveau. J’ai beaucoup de respect pour les autres coachs mais j’ai énormément de confiance en moi et je sais que je peux de nouveau emmener un groupe au plus haut niveau. 


J’ai beaucoup d’énergie à donner pour un club afin de l’amener au plus haut niveau 


Que pensez-vous du travail de Michel Preud’homme ? 

Michel Preud’homme est l’un des meilleurs entraîneurs en Belgique depuis ces 10-15 dernières années. Il a un attachement particulier avec le Standard de Liège, il fait tout pour gagner. Il a essayé de bâtir une équipe avec une défense solide pour gratter des points et je suis sûr qu’il va amener le club au plus haut d’ici peu. 


Michel Preud’homme est l’un des meilleurs entraîneurs en Belgique de ces 10-15 dernières années


Quels joueurs prendriez-vous au Standard ? 

Il n’y a pas qu’un joueur. Ils ont 5-6 joueurs que tout le monde voudrait avoir. Bastien, Laifis, Carcela etc… Mais ce n’est pas une question d’individus, c’est une question de collectif pour gagner des titres. 


Je suivais Basic quand il était à Split mais je comprends son choix d’avoir rejoint Bordeaux


Vous avez été formé à Split. Connaissez-vous Tomas Basic ?

Oui, je le connais bien avec son pied gauche. Il a beaucoup de talent. Je le suivais bien entendu mais Bordeaux a eu une connexion particulière et je comprends son choix d’avoir rejoint ce grand club français. 


Emmanuel Dennis a le potentiel et les épaules pour devenir un top player 


Emmanuel Dennis est suivi par les Girondins. Que pouvez-vous nous dire sur ce joueur que vous avez lancé ?

Je pense toujours qu’il a le potentiel et le talent pour devenir un top player. Il a bien travaillé mais il doit continuer à bosser sérieusement pour atteindre un jour un club de plus grande stature, il en a les épaules. 


Que peut-on vous souhaiter ? 

Continuer à faire ce que j’aime, être toujours aussi positif et que mes équipes continuent de pratiquer un beau football. 


Merci Ivan !

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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