Habib Habibou : "J’ai été en contact avec le Standard de Liège, un club où j’aurais aimé jouer"

Le 11 05 2020 à 21h06

Habib Habibou, joueur du FC Politehnica Iasi évoque son nouveau challenge, sa complicité avec Mircea Rednic, les Rouches, les Girondins de Bordeaux et bien sûr la sélection centrafricaine.

Formé au Paris Saint Germain, Habib Habibou a laissé une belle trace de son passage en Belgique notamment à La Gantoise et Zulte Waregem. Passé par le Stade Rennais, il signe aujourd’hui pour FC Politehnica Iasi pour maintenir le club en Ligue 1 roumaine.


Bonjour Habib, tu viens de signer au FC Politehnica Iasi, comment cela se passe ?

Oui, le challenge est pas mal, on a un lien assez important entre les membres du staff et les joueurs en dehors du terrain, donc pour l’instant tout se passe bien. 


Un ancien du Standard t’a fait venir : Mircea Rednic. Parle-nous de lui. 

Mircea m’avait recruté à la Gantoise. En Belgique, j’ai toujours eu de bons moments, j’ai marqué plus de 80 buts, j’ai gagné le titre avec la Gantoise et c’est vrai que j’ai laissé de beaux souvenirs. C’était inoubliable. 

Avec Mircea, c’est une relation au-delà de l’humain, il me considère comme son fils. Il sait comment je joue. Nous avons ce respect commun entre deux hommes qui est très fort. Son système est de pouvoir jouer au foot de façon offensive et très compact. Pouvoir compter sur ses deux attaquants avec beaucoup d’équilibre. Il a fait du bon boulot partout où il est passé. Il a un beau CV et il connaît son travail. 


Mircea Rednic me considère comme son fils, il sait comment je joue. 


Cela peut surprendre de te voir arriver en Roumanie. Quelles sont les ambitions du club ?

Dans les années à venir, on va maintenir le club et le stabiliser. Puis nous sommes rentrés dans l’histoire du club en le ramenant en demi finale de la Coupe, ce qui n’était jamais arrivé. Quand je suis arrivé le club était dernier et là on se rapproche de la 7-8 ème place. A partir de là, l’objectif est de terminer septième, après tu connais, la coupe c’est du mental, donc on va s’accrocher. 


Notre objectif est de maintenir Iasi en Ligue 1 roumaine 


Tu as rencontré Hein Vanhaezebrouck qui est l’un des entraîneurs les plus reconnus de Belgique. Qu’en retiens-tu ? 

Je suis arrivé à la Gantoise dans de belles conditions avec un stade magnifique, peut être le plus beau où j’ai joué, avec des fans très investis. A La Gantoise, j’ai marqué plus de 20 buts, footballistiquement, Hein a une philosophie moderne et une connaissance du football très pointue. J’adore sa philosophie. Il crée des équipes à l’écoute et très professionnelles. L’apport du président De Witte a bâti un club solide, je tire un coup de chapeau à tout le staff administratif.  


Hein Vanhaezebrouck a une philosophie moderne et une connaissance du football très pointue


As-tu déjà été proche de signer au Standard de Liège ? 

Oui, nous avons été souvent en contact, d’autant plus que c’est un club où j’aurais aimé jouer en Belgique. C’est un club incroyable et ce stade de Sclessin; c’est inexplicable. 


J’ai déjà été en contact avec le Standard de Liège, un club où j’aurais aimé jouer.


Justement, deux anciens standardmen ont joué avec toi sur le front de l’attaque : Mbaye Leye et Frank Berrier. Parle-nous de cette association magique.

Mbaye c’est un super joueur, j’étais avec lui sur le front de l’attaque. Je le considère comme un grand frère. C’est quelqu’un qui est exigeant, il ne passe pas par quatre chemin pour te dire les choses. Il a son caractère, il t’aime, il t’aime pas, ça reste un homme. 

Franck, je le surnomme le « petit Zizou ». Lui, son objectif c’était de tout faire pour que tu marques. Il va te mettre dans les meilleurs conditions pour te faire scorer. Par exemple, dès qu’il avait la balle, il savait qu’il fallait me la donner dans la profondeur. A l’entrainement, il me disait, « Habib, je vais te la mettre ici et tu pourras marquer dans cette position». Il m’a donné au moins quinze assists. Pour moi, j’ai un grand respect d’avoir pu jouer avec ces deux là.


Mbaye Leye est quelqu’un d’exigeant et ne pas par quatre chemins pour te dire les choses


Torgan Hazard aussi pointait le bout de son nez…

Torgan, c’était un bon coéquipier. Humainement, c’était top. Je pense qu’il m’a beaucoup apporté et aussi au club de Zulte. 


Franck Berrier était surnommé le « petit Zizou », il faisait tout pour te faire marquer 


Tu finis deuxième avec Zulte avec une équipe incroyable…

C’est du jamais vu à Zulte, mais on avait Francky Dury avec, pour moi, la meilleure équipe en Belgique à ce moment là. On était intouchable. Les équipes qui venaient chez nous savaient qu’elles allaient perdre. On marquait des buts à gogo. A ce moment là, on était très confiant. On avait une mentalité d’acier que ce soit sur et en dehors du terrain. 


Avec Zulte sous Francky Dury en 2012-13, nous étions intouchables 


Quelle est la philosophie de ce club ? 

C’est un club familial où ils prennent des joueurs peu connus, avec pas mal de jeunes et ils les font monter. Ils les revendent bien ensuite. Il y a ce coach extraordinaire qui mène le projet sportif à la perfection. C’est un club stable avec une philosophie de jeu intéressante. Chaque année, il y a un nouveau talent qui sort.


La sélection centrafricaine grandit d’année en année avec le Bordelais Yambéré. Quels sont ses axes d’évolution ? 

Avec Geoffrey Kondogbia, on a rassemblé des joueurs pour faire grandir la sélection et inscrire le pays dans l’histoire. On va essayer de gagner quelque chose. Il faut amener la Centrafrique au plus haut niveau. Cédric Yambéré, c’est mon frérot, c’est un plaisir de jouer à ses côtés, et c’est que du bonheur. Il me tarde de le retrouver d’ailleurs.


Avec la Centreafrique nous allons essayer de gagner quelque chose 



A Rennes, tu as joué avec Ben Costil et Mexer. Comment vois-tu leur venue à Bordeaux ? 

Tu diras « bonjour » à Ben-la-logistique (rires), c’est un top monsieur et un ami formidable. Il m’a beaucoup aidé et nous avons eu des moments privilégiés à Rennes. Je ne l’oublierai jamais. Pour Mexer, je l’appelle « Djamal » pour moi il est l’un des meilleurs défenseurs de Ligue 1, l’un des tous meilleurs. Pour moi, ce sont des joueurs qui feront grandir les Girondins.


Ben Costil et Mexer sont des joueurs qui feront grandir Bordeaux 


Tu a joué à Rennes qui va jouer la C1 et au RC Lens qui monte en Ligue 1. J’imagine que cela a dû te toucher.

Oui, absolument. Ce sont deux endroits où le football est omniprésent dans le coeur des supporteurs. Je peux te dire que l’ambiance à Bollaert, c’est extraordinaire, rien que d’en parler, j’en ai des frissons. Je suis très heureux de revoir Lens en Ligue 1, c’est clairement sa place. Quant à Rennes, je salue l’excellent travail du club depuis des années. Quand on est cohérent et ambitieux, on arrive forcément à des résultats élevés.


La place du RC Lens est clairement en Ligue 1


As-tu un souvenir particulier avec Bordeaux ?

Mon premier but en France était à Bordeaux. On perdait 1-0 et puis je rentre et j’égalise. Donc oui, très bon souvenir (rires).


J’ai marqué mon premier but en France face aux Girondins de Bordeaux


Tu as été formé au PSG, comment vois-tu l’évolution de la politique de formation du club ainsi que son parcours en Ligue des Champions ? 

On commence à donner plus de chance aux jeunes qui sortent du centre de formation bien que beaucoup partent encore à l’étranger. Même si je pense que c’est compliqué avec la philosophie de recrutement du club. J’espère bien entendu du qu’ils vont se qualifier face à Dortmund. 


Que peut-on te souhaiter Habib ? 

Déjà que je ne me blesse plus afin que je puisse finir ma saison et enchaîner derrière. 


Merci Habib 

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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