Philippe Violeau : "J’ai eu des touches avec les Girondins de Bordeaux lors de ma période lyonnaise"

Le 10 01 2020 à 22h19

Philippe Violeau, monument de l'Olympique Lyonnais revient sur ce club particulier, ses fonctions à la Roche VF et bien sûr son lien avec les Girondins de Bordeaux #FCGBOL #girondins

Philippe Violeau, véritable monument du football français et de l’Olympique Lyonnais, quatre fois champion de France dont trois fois avec le club rhodanien nous a accordé cette interview à la veille de Bordeaux-Lyon afin de nous expliquer la genèse du projet lyonnais mais pas que. Entretien avec le nouveau président de la Roche VF actuellement en National 3. 


Bonjour Monsieur Violeau, vous êtes président du club de N3 de la Roche VF en Vendée. Comment la saison se déroule ? 

On a eu un début de championnat compliqué avec beaucoup de blessés pourtant, nous n’avons pas fait beaucoup de faux pas en espérant que cela se passe bien pour nous à la fin. 

J’ai joué en junior là-bas, je suis Vendéen donc cela tombait sous le sens. On est venu me solliciter pour que je les rejoigne. Malheureusement, j’ai connu les belles années de ce club et après ça a été compliqué. Le club est né d’une fusion d’entités qui se sont tirées la bourre dont chacun a atteint la deuxième division sans jamais mettre en commun les compétences. L’idée de ma venue était aussi de rassurer. Le Vendéen est assez pugnace donc effectivement, je m’en aperçois petit à petit; que les personnes ont senti un vent de fraîcheur qui leur fait du bien à tous. Les résultats sont là donc effectivement cela permet de se dire que les gens ont envie de réussir des choses. 


J’ai joué junior à la Roche VF, cela tombait sous le sens d’y revenir 


Nous sommes en période de mercato. Votre club est-il concerné par cette période ? 

Cela nous concerne également. Il y a le fait de faire de bons résultats, on est sollicité pour des joueurs, nous aussi, nous en cherchons. A notre niveau, c’est une période active. Déjà à la base, on attache beaucoup d’importance à l’humain. Dans nos différentes recrues, on ne s’est pas trompé tant au niveau de la qualité que de l’humain et je m’en félicite. Au club, les garçons sont impliqués dans la vie du club, c’est une de nos premières valeurs. Le plus compliqué pour nous, c’est la question économique, nous sommes une association, il nous faut des moyens pour recruter. Autour de l’équipe fanion, il y a 450 licenciés, il faut faire vivre le club tous ensemble. On s’attache à avoir une formation qui forme bien puisque nos catégories de jeunes évoluent au plus haut niveau via nos éducateurs diplômés afin que nos jeunes puissent progresser et pourquoi pas rejoindre notre équipe une à moyens termes. 


Au-delà de l’équipe première, un club amateur doit aussi s’occuper de l’ensemble de ses licenciés


Avez-vous une équipe en U18 nationaux ? 

Cette année, on a fait le choix de ne pas les engager. L’année passée nous aurions pu monter en U18 nationaux mais économiquement, c’est une catégorie qui est trop coûteuse et demande aussi trop d’investissement pour les garçons car ce sont aussi des jeunes qui font leurs études à Nantes, Bordeaux etc…et c’était compliqué de les faire revenir pour s’entraîner. Mais dans le futur, on va consolider et résoudre ce problème. 


Avoir une équipe en U18 nationaux représente un coût non négligeable


Quid de la Coupe de France ? 

Un bon parcours en Coupe de France, c’est une manne financière non négligeable. Mais il y a le championnat cependant les deux objectifs sont compliqués à gérer. Pour un club amateur comme nous de N3, il est compliqué de mener les deux challenges de front. 


J’ai eu des touches avec les Girondins de Bordeaux lors de ma période lyonnaise


Que représente Bordeaux pour vous ? 

Déjà, je me suis installé en Charente-Maritime et mes bureaux professionnels sont Cours Georges Clémenceau où je suis associé avec Romain Battiston. Durant ma carrière, il y a eu des bruits qui ont couru quand je suis arrivé à Lyon, suite aux deux-trois premières années. Il y avait eu des touches mais j’étais bien à Lyon avec ce challenge intéressant qui naissait. Cela aurait été après Auxerre, pourquoi pas mais là, la question ne se posait pas. 


Qui est Jean-Michel Aulas ? Comment expliquez-vous sa longévité ? 

Déjà, c’est la passion mêlée à des compétences de meneur d’hommes exceptionnelles. Je suis arrivé au tout début de cette nouvelle ère de l’Olympique Lyonnais. J’ai fait partie des précurseurs en 1997. Bernard Lacombe a amené des joueurs comme Patrice Carteron, Christophe Delmotte, Jean-Claude Nadon plus des jeunes du club. Nous avons reçu un accueil chaleureux, ce qui m’a frappé, c’est cet esprit de famille, de professionnalisme etc…Nous n’étions pas la meilleure équipe à l’époque mais nous étions sur le podium à chaque fois avec une bande de copains. Cette effervescence a permis de recruter Sonny Anderson. Tout le monde se disait que c’était n’importe quoi de mettre autant d’argent sur ce joueur. Il arrivait de Barcelone. C’est le meilleur joueur avec qui j’ai évolué et puis il avait un côté humain exceptionnel. Au-delà, de ce qu’il avait pu faire dans le passé, en fait, c’était monsieur tout le monde, travailleur, à la disposition de qui que ce soit. Le club lui doit beaucoup car il nous a permis de progresser. 


La venue de Sonny Anderson nous a permis de passer un cap 


On a l’impression que l’OL est une grande famille. Qu’en pensez-vous ? 

Cet esprit famille, on le retrouve partout dans le club avec la présence de Berthod, Maurice, Caçapa et bien d’autres. Avoir une réussite avec des joueurs passés par le club, c’est extraordinaire. 


Avoir de la réussite avec des anciens du club, c’est extraordinaire 


Que manque-t-il à l’OL pour devenir un très grand d’Europe comme par le passé ? 

Je pense que financièrement aujourd’hui, on ne peut pas rivaliser avec les meilleures équipes européennes même si la formation est l’une des meilleures sur le continent. Mais financièrement, on ne peut plus être au niveau des 4-5 plus grosses écuries. L’Europa League est accessible mais après, sont reversés les équipes de la Ligue des Champions. On peut se retrouver en quart de finale avec le niveau d’un quart de Ligue des Champions et puis ça reste la Coupe, on peut sortir sur des matchs couperets. 


Du point de vu de l’aspect financier, l’OL ne peut pas rivaliser avec les 4-5 plus grosses équipes européennes


Quel est votre plus beau souvenir avec l’OL en Ligue des Champions ? 

Quand on gagne 3-0 le Bayern, c’était un bon souvenir et un bon moment. Battre le Bayern, à l’époque où ils sont champions d’Europe mais après on ne fait pas la fine bouche, tous les matchs sont incroyables et cela reste des saisons phénoménales. 


Gagner 3-0 contre le Bayern à l’époque où ils étaient champions d’Europe reste mon plus beau souvenir de Ligue des Champions


Vous avez connu deux attaquants bordelais avec Tony Vairelles et Lilian Laslandes. Comment étaient-ils et quels souvenirs en gardez-vous ? 

Tony, je ne l’ai pas revu depuis un moment mais un mec sympa. Mais avec Lilian, c’étaient deux supers mecs et très abordables. Ils le sont toujours d’ailleurs. C’est la vie de sportif qui fait qu’on se côtoie. A l’arrivée de Lilian à Auxerre, il adorait rassembler et fédérer. Tony est quelqu’un de jovial, généreux. Pour moi, ils ont beaucoup de points communs. 


Tony Vairelles et Lilian Laslandes ont beaucoup de points communs


Comment arrivez-vous à l’OL ? Est-ce Bernard Lacombe qui vous fait venir ? 

Déjà, je suis venu pour lui à la base et le président Aulas. J’en garde un très bon souvenir. Après il a été conseiller du président et nous avons eu une autre approche. Mais il a toujours été de bons conseils pour tout le monde. C’est quelqu’un qui respire le football et capable de vous remémorer des évènements que vous aviez oubliés mais pas lui. 


Je suis venu à Lyon pour Bernard Lacombe et Jean-Michel Aulas


Parlez nous de ce premier titre de 2002 loin d’être acquis au départ…

C’était une saison particulière car à dix journées de la fin, on avait onze points de retard. Preuve que rien n’est impossible. Le discours du président nous avait convaincu que c’était possible. On a enchaîné les matchs ce qui nous a permis de jouer cette finale, de jouer un championnat sur la dernière journée entre leader et dauphin, chose inédite. Nous étions sur une phase ascendante, d’ailleurs, on vient gagner 0-1 chez vous, but de Anderson, juste avant, ce qui nous permet de pouvoir jouer cette finale. Je marque d’ailleurs face à Lens, celui là était important bien que je n’ai pas beaucoup marqué durant ma carrière. 


En 2002, nous avons remporté notre première Ligue 1 lors d’une « finale » entre le premier et le second, chose inédite en France. 



Jérémy Bréchet a aussi joué aux Girondins et fait partie des meilleurs latéraux de sa génération. Un mot sur lui ? 

Je l’ai connu tout jeune. Il a fait partie de la génération Sidney Govou et des premiers qui ont intégré le groupe professionnel. De temps en temps, le coach avait besoin de faire venir des jeunes joueurs. Avec sa patte gauche sur des petits jeux, ils nous avait mis une frappe extérieure pleine lucarne. J’avais dit « oula! ». Nous avions pour habitude de bien intégrer les jeunes pousses mais des garçons comme Jérémy, c’était de l’or en barre, car à l’écoute et généreux. 


Lors d’un petit jeu, Jérémy Bréchet marque une lucarne d’un extérieur pied gauche. J’ai compris que ce jeune irait loin. 


On voit beaucoup d’incertitudes autour des Girondins de Bordeaux. Quelle serait votre recette pour que le club retrouve son niveau d’antan ? 

Par rapport à ce que j’ai vécu, j’ai connu des clubs relativement stables en ce qui concerne le comité directeur, les intervenants notables. Je pense qu’un club qui veut réussir doit avoir des personnes qui soient stables et qui puissent travailler sur le moyen-long terme. C’est la réussite sur la longévité. Mon premier exemple, c’est l’AJ Auxerre avec des personnes qui oeuvraient dans le même sens et le deuxième, c’est l’OL avec l’équipe qui entoure Jean Michel Aulas où les principaux décideurs sont là depuis longtemps. 


La réussite d’un club est synonyme de stabilité sur le moyen-long terme


Nous traitons de l’actualité du Standard de Liège. Que pensez-vous de la reconversion d’Eric Deflandre en coach adjoint de Preud’homme ? 

Deflandre était un supe mec à l’image de ces joueurs que j’ai pu croiser à l’OL, à croire qu’ils font attention à la personnalité des joueurs qu’ils recrutent. Travailleur, volontaire et tout le temps de bonne humeur. Je n’aurais pas pensé qu’il allait devenir entraîneur car je pensais que sa personnalité joviale n’allait pas avec la fonction. Christophe Delmotte avec qui j’échange me confirme qu’il se sent très bien et que tout fonctionne pour lui sur ce poste. 


Eric Deflandre se sent bien en tant qu’adjoint au Standard de Liège 


Merci Philippe ! 







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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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