Patrick Valery : "Patrick Battiston est un homme d'une élégance rare"

Le 08 09 2019 à 11h03

En exclusivité pour Leero Sport News, nous avons recueilli le témoignage de Patrick Valéry, légende de l'AS Monaco ayant connu l'Aris Salonique, nouveau club de Mancini.

Patrick Valery fut l’un de ces joueurs de club qu’on affectionne tant et qui font l’âme d’une équipe. Défenseur polyvalent, il remporte avec la grande équipe de Monaco le titre en 1988 et réalise avec le club de la Principauté l’une des plus belles épopées du football français en atteignant la finale d Coupe de Coupes en 1992. Pour Leero Sport News, Patrick Valery nous raconte Battiston, l’Aris Salonique où évolue désormais Daniel Mancini sans oublier de nous donner de ses nouvelles. 



Bonjour Monsieur Valery, merci pour votre disponibilité. Vous êtes en charge de la PSG academy en Egypte. Pourriez-vous nous éclairer sur ce projet et vos prérogatives ? 

Bonjour, le projet est bien sûr de faire rayonner l’excellence de la formation à la française avec sa rigueur et sa discipline. Mon rôle personnel est de préparer les séances et de les distiller aux différents entraîneurs responsables et bien sûr veiller à ce que tout fonctionne pour le mieux. 


Patrick est un homme d’une élégance rare


Vous avez connu Patrick Battiston à Monaco, est-ce que vous échangez avec lui sur la formation française  et son exportation dans le monde ? 

Patrick est un homme d’une élégance rare. Tant le joueur que l’homme. J’ai le souvenir précis d’un gentleman et je regrette de ne plus avoir de contact avec lui. Un Monsieur. 


Y-a-t-il un modèle et/ou des coachs qui vous inspire(nt) ? Quel est votre stratégie pour faire grandir l’académie ? 

Il est difficile pour moi de ne pas évoquer Arsène Wenger et Antonetti. Mais il n’y a pas de règle puisque certain coachs sans diplôme peuvent aussi me bluffer et vice versa bien entendu. Pour développer l’académie PSG en Egypte, j’essaye réellement de d’abord faire évoluer les compétences de mes entraîneurs et ensuite le faire par le prisme de la formation à la française. 


Ce n’est pas un hasard si les joueurs français s’exportent parfaitement à l’étranger. 


Luc Rabat nous a confié que contrairement aux idées reçues, la formation française est très appréciée dans le monde. Comment voyez-vous cela ? Qu'est ce qui fait notre excellence selon vous ? 

Je suis entièrement d’accord avec ce propos. Quand on a la chance de voyager, on nous loue notre sérieux et notre rigueur. Ce n’est pas un hasard si les joueurs français s’exportent parfaitement à l’étranger. 


L’Egypte regorge de talents et Al Ahly est l’un des clubs les plus prestigieux au monde. Pourriez-vous nous parler de l’approche du football dans ce pays ?

Ici, le football est extrêmement populaire et tout le monde joue au football. Cependant, si le vivier de talents est présent, la formation elle, est en retard. L’académie PSG ici, tente d’apporter sa pierre à l’édifice. 


L’après titre de 2017 a vu trop de joueurs partir qui n’ont pas été remplacés.


Monaco est entrain de faire un recrutement XXL. Qu’en pensez-vous ? (Slimani, Silva, Ben Yedder…) 

Malheureusement, l’après titre de 2017 a vu trop de joueurs partir qui n’ont pas été remplacés. Après la saison dernière très délicate, ils ont fait un recrutement ambitieux pour jouer les premier rôles. Je leur souhaite. 


Vous avez connu l’Aris Salonique et un Bordelais, Daniel Mancini s’y est engagé. Pourriez-vous nous parler de ce club et de son ambiance ?

Cela me fait remonter le temps ! Je me rappelle surtout de la ferveur des supporteurs d’autant plus que j'ai eu la chance de jouer le derby contre le PAOK, c’était de la pure folie ! La crise économique a fait du mal au football grec mais il y a des projets ambitieux.


Le derby entre l'Aris et le PAOK, c'est de la pure folie

Vous avez connu quelque bordelais durant votre carrière comme Fofana, Battiston, Dib, José Touré…Un mot sur l’un d’entre eux ? 

J’ai eu la chance de jouer avec eux en effet. Pour Fofana, c’était un talent brut qui pouvait faire basculer un match à lui tout seul. J’ai adoré José Touré, c’était un « brésilien » qui savait tout faire avec un ballon. Pour Marcel, il avait trois poumons, tu pouvais être tranquille car il ne s’arrêtait jamais de faire les efforts. De tous les noms qui ont été cités, je garde aussi le souvenir de mecs géniaux.

Nous avons reçu Wynton Rufer dernièrement qui nous a parlé de la finale de Coupe des Coupes en 1992 où il marque et fait une passe décisive pour Kalus Allofs. Il nous a révélé que Otto Rehaguel avait fait un pari tactique en alignant Allofs tandis qu’il était blessé. Comment avez-vous joué ce match et vécu la compétition ? Etiez-vous favori ce jour là ? 

Je ne pense pas que nous étions favoris mais le Werder a marqué deux fois sans dominer. Je retiens des souvenirs indélébiles comme la joie indescriptible après la victoire contre la Roma de Voller. Contre le Feyenoord, c’est encore différent car je marque le but de l’égalisation à Monaco. 


Bruno était un joueur insaisissable pour les défenseurs adverses.


Bruno Bellone que vous avez connu va nous accompagner cette saison pour commenter les matchs de l’Equipe de France. Pourriez-vous nous en dire plus sur son surnom de Lucky Luke s’il vous plait ? 

Bruno était un joueur insaisissable pour les défenseurs adverses. Il avait une patte gauche magique et arrivait à vous « dégainer » un centre millimétré avec un adversaire devant lui. Un super joueur. 


Merci Patrick ! 

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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