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Luc Nilis : « J’espère que les Girondins retrouveront une génération en or comme celle qu’ils avaient en 1995-96 »

Le 10 02 2021 à 18h24

Il a fait trembler les défenses d’Europe avec Ronaldo avec le PSV, découvrez son interview exclusive.

Buteur redouté, il réalise en 1995 la meilleure saison de sa carrière aux côtés de Ronaldo. Sous Advocaat, Luc Nilis s’épanouit, réalise des gestes fous et méritait peut-être de porter les couleurs d’un top club. Entretien avec un renard des surfaces. 


Bonjour Luc, Pourrais-tu m’en dire plus sur le grand PSV que tu as connu avec Ronaldo qui a récemment déclaré que vous étiez la meilleure paire de sa carrière.

Je venais de quitter Anderlecht, qui était un club très familial. Quand je suis arrivé au PSV tout était très différent. Tout le monde était très impliqué dans le club, c'était fantastique ! Je m’y suis tout de suite senti comme chez moi.


Au PSV, je m’y suis tout de suite senti comme chez moi.



Comment Dick Advocaat t’a fait venir ?


Il ne me restait plus qu’un an de contrat à Anderlecht, il m’a simplement dit de venir pour passer un palier supplémentaire dans ma carrière. Alors j’ai signé un contrat de 3 ans au PSV et au bout de 2 ans il est venu me voir pour me dire que les grands joueurs changeaient souvent de club mais que moi je devais rester au PSV. Il a parlé avec le président et moi et je pouvais demander ce que je voulais car le club tenait énormément à me garder. J’étais très heureux et très confiant de continuer à jouer pour le PSV.


Le PSV tenait énormément à me garder


Que vous a-t-il dit au début de la Coupe UEFA ? Vous a-t-il dit, “OK, les gars, c'est notre coupe, nous devons la gagner parce que l'Ajax a remporté la Ligue des champions l’an dernier et nous devons faire notre bout de chemin”. A-t-il dit quelque chose comme ça ?


Ma réponse ne va pas t’étonner mais effectivement il voulait qu’on fasse un beau parcours tant en championnat qu’en UEFA Cup. Il nous disait d’aborder chaque match de la même manière et les uns après les autres. On s’est fait éliminé en quarts de finale par le FC Barcelone. On avait bien joué mais pas suffisamment bien pour les battre mais on n'a ressenti aucune honte de perdre face à eux car on avait tout donné. Mais chaque week-end, le coach attendait qu’on se donne à 100%.


On n'a ressenti aucune honte de perdre face au Barça car on avait tout donné


Il faut aussi dire qu’avant d’affronter le FC Barcelone, vous aviez battu le Werder Brême qui était une grosse équipe ainsi que Leeds United au tour précédent ce qui représentait déjà un exploit pour vous.


Oui chez eux nous avions gagné 5-3 si je me rappelle bien et j’avais fait un super match avec un doublé et une jolie passe décisive. Je me rappelle bien de ce match car la veille j’étais très malade. N’importe quel coach m’aurait écarté du groupe mais il en a été autrement pour moi. Je voulais jouer, le coach voulait que je joue. C’est dingue la veille j’avais du mal à respirer et le lendemain je fais l’un des plus beaux matchs de ma carrière.


La veille à Leeds, j’avais du mal à respirer et le lendemain je fais l’un des plus beaux matchs de ma carrière.



Quelle était ta relation sur le terrain avec Wim Jonk et Philip Cocu ?


On jouait incroyablement bien ensemble. On se comprenait parfaitement sur le terrain. Je n’étais pas le meilleur techniquement mais j’étais un joueur intelligent. Que l’on joue de la tête ou en profondeur on se trouvait les yeux fermés et c’est comme ça que le football fonctionne. Il y avait une alchimie entre nous et ça faisait une grande partie du travail. Ils étaient de super coéquipiers.


Je n’étais pas le meilleur techniquement mais j’étais un joueur intelligent


Ça me rappelle le match contre le Werder Brême, ils avaient aligné une défense à cinq joueurs. Il faut être un attaquant intelligent pour jouer face à ce genre de défense. Comment ça c'est passé avec Ronaldo et Marciano Vink ?


Oui effectivement, on a bien joué à ce match aussi. Tactiquement on a été irréprochable et je me rappelle bien de cette entente en attaque avec Ronaldo et Marciano. Vink est un mec super. Un joueur dévoué pour l’équipe, tout le monde l’aimait et ça se voyait sur le terrain.


Vink était dévoué pour l’équipe, tout le monde l’aimait et ça se voyait sur le terrain.



J’ai parlé avec Gheorghe Hagi et Meho Kodro il y a quelque temps et je me rappelle qu’ils m’ont parlé de toi. Ils disaient que tu avais, excuse mon langage, “des grosses c****es” en parlant de ton coup franc direct au Camp Nou lors de l’UEFA Cup.


Oui je me rappelle avoir parlé aux deux joueurs après le match qui m’avaient fait cette réflexion. Il faut dire que le coup franc était bien placé à l’angle gauche de la surface de réparation et que mon tir a été dévié par le mur. J’ai eu de la chance mais il faut savoir la provoquer.


Contre le Barça, j’ai eu de la chance sur le coup-franc mais il faut savoir la provoquer


Dans quelle mentalité étais-tu pour le match retour ?


Toute l’équipe était très confiante. Le match retour était chez nous et on était optimistes sur la forme de l’équipe. L’effectif était d’un très haut niveau mais je pense que cette confiance nous a fait tort finalement. On a perdu le match 3-2 finalement et nous étions tous très déçus mais ça reste le FC Barcelone alors nous n’étions pas en colère.


Les jeunes du PSV essayent de pousser pour marquer ce 3ème but synonyme de victoire face au Barça


Pendant le match, vous jouez à 11 contre 10 pendant presque 20 minutes et les jeunes joueurs du PSV comme Boudewijn Zenden essayent de forcer chaque action mais on te voit beaucoup parler aux joueurs sur le terrain. Qu’est-ce-que tu leur dis ?


Oui les jeunes essayent de pousser pour marquer ce 3ème but synonyme de victoire mais dans ces moments là il faut faire parler l’expérience. J’essayais de calmer le jeu car en étant un joueur clé du dispositif mes coéquipiers m’écoutaient. Malheureusement ça n’a pas suffit mais bien remarqué de ta part.


Est-ce que tu penses que 1995-96 a été personnellement ta meilleure année ?


Oui je pense en effet. Dans le jeu j’étais à mon meilleur niveau, mes statistiques sont impressionnantes cette année-là et le parcours du club a été un des plus beaux et personnellement j’ai vécu cette saison de manière très intense.


Le parcours de 1995-96 du club a été un des plus beaux


En regardant ton palmarès, il ne te manque qu’une coupe internationale. Est-ce le grand regret de ta carrière ?


Honnêtement non. J’ai très bien joué sur la scène internationale malheureusement ça n'a pas suffit pour remporter un trophée. Je n’ai pas eu beaucoup d'opportunités non plus, je me rappelle d’une finale avec Anderlecht contre Sampdoria mais nous étions bien moins fort et celle contre le Barça n’est pas passé loin. Je ne perçois pas ce manque comme un échec ou un regret.


J’espère que les Girondins retrouveront une génération en or comme celle qu’ils avaient en 1995-96


Le football est dans ton ADN donc tu as surement regardé la finale de Bordeaux contre le Bayern Munich cette même année, as-tu été surpris ?


Oui évidemment j’ai été surpris. Je ne veux pas dénigrer Bordeaux mais voir un club comme ça aller en finale contre le Bayern, c’était selon moi, compliqué de remporter le trophée. C’est rare de voir un club français ou belge aller en finale de compétition européenne. Ils avaient des joueurs de très grande qualité et ont très bien joué la Coupe. Leur effectif était excellent, Zinédine Zidane, Bixente Lizarazu, Christophe Dugarry, Richard Witschge. Quand on voit ce qu’ils sont devenus et les carrières qu’ils ont effectuées après, ce n’est finalement pas si étonnant que ça. J’espère qu’ils retrouveront une génération en or comme celle qu’ils avaient.


Merci Luc

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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