François Denis : "Je me souviens du doublé de Marco Grassi face aux Girondins de Bordeaux"

Le 21 12 2019 à 21h41

En exclusivité pour Leero Sport News, François Denis revient sur les débuts professionnels du Stade Rennais avec quelque clins d'oeil pour les Girondins de Bordeaux #SRFCFCGB

François Denis véritable légende du Stade Rennais avec près de 324 matchs disputés avec le club Rouge et Noir, se souvient de l’évolution du club Breton vers le professionnalisme et aussi de la grande époque des Girondins de Bordeaux et leur parcours en Coupe de l’UEFA 1995-1996. Portait d’un homme charmant. 


Bonjour François, Merci pour votre disponibilité. Pourriez-vous évoquer avec nous vos débuts avec le Stade Rennais ? 

L’actionnaire principale était Pfizer, il y avait eu des difficultés financières, la ville était majoritaire. C’était une société d’économie mixte. Au début je jouais à Redon en amateur et j’étais animateur sportif, j’avais du mal à faire la route pour aller m’entraîner et j’ai signé en DH au Stade Rennais avec mon beau-frère. Je suis en vacances et j’ai un coup de fil de Monsieur Keruzoré qui venait d’arriver au club et qui me dit, « viens t’entraîner au club, on a des blessés ». Je le connaissais car j’avais passé mes diplômes d’entraîneur avec lui. J’arrive le jeudi à l’entraînement, je ne suis même pas passé par la section amateur et j’ai intégré directement les pros avec un match face à Nancy


Je devais jouer en amateur à Rennes et Keruzoré me sélectionne dans le groupe pro face à Nancy

A l’époque, il y avait déjà de sacrés joueurs à Rennes, n’est ce pas ? 

Il y avait déjà quelque noms en effet comme Joel Cantona, Zambelli, Franck Mantaux et d’autres.

On a toujours su qu’au Stade Rennais, il y avait du potentiel mais on avait frôlé le dépôt de bilan mais cela repartait, cela se sentait. 


On a frôlé le dépôt de bilan mais il y avait du potentiel à Rennes, cela se sentait


On a l’impression que le club développe sa culture avec son centre de formation. Qu’en pensez-vous ? 

Je pense effectivement qu’en ce moment cela prend plus d’allure pour faire jouer les jeunes du club, à l’image de l’entraîneur. Il y a une volonté de faire ressortir les pousses du club et cela, était moins le cas par le passé. On sent qu’il y a une volonté de créer une vraie identité club. 

Camavinga en est l’exemple. Tous les ans, ils arrivent à sortir 2-3 jeunes, c’est encore plus vrai avec Stephan comme entraîneur. 


On sent qu’il y a une volonté de créer une culture club à Rennes


Vous avez connu Sylvain Wiltord qu’on connaît bien à Bordeaux. Comment était-il à ses débuts ? 

Il était très joueur en fait. Il était jeune à ce moment là. Difficile à gérer dans les horaires mais par contre il avait toujours le sourire, un vrai passionné de football. Il n’y avait aucun souci de comportement si ce n’est ses petits retards (rires). J’étais étonné quand il est parti en Angleterre car il a vraiment pris en force. Mais il avait une qualité de dribble qui était importante, c’est indéniable. 


Sylvain Wiltord était un vrai passionné de football avec quelque retards à l’entraînement (rires)


Darcheville fait aussi partie des joueurs qui ont marqué les Girondins. Jean-Claude, c’était quelqu’un, n’est-ce pas ? 

Des sourires jusqu’aux oreilles. Il avait moins de qualités que Sylvain Wiltord, peut être aussi parce qu’il avait moins travaillé sur cela étant jeune mais il était ultra puissant et était toujours de bonne humeur, un vrai bonheur. 


Darcheville était toujours de bonne humeur avec une sacrée puissance. 


Vous finissez votre carrière au MUC. J’ai trouvé cela curieux que vous ne le fassiez pas à Rennes…

On était en deuxième division, c’était Muslin et Westerloppe au Mans. En fait, je suis parti en vacances avec un an de contrat restant et je commençais à avoir des problèmes de hanches. Du coup, c’était Mickael Sylvestre qui prenait ma place peu à peu. J’ai un coup de fil du club qui me dit qu’il y a une proposition du Mans. J’ai été déçu de l’attitude du Stade Rennais, même pas en face, par téléphone. J’ai appelé le Mans et je me suis mis d’accord avec eux rapidement. Je travaille un peu avec Rennes aujourd’hui mais avec l’effectif pro, plus du tout. 


J’ai été déçu de l’attitude du club Breton à la fin de ma carrière


Bordeaux à cette époque, c’était impressionnant, n’est-ce pas ? 

Il y avait une belle équipe, je me souviens des Zidane, Lizarazu etc…Cela faisait partie des belles équipes du championnat. Je me souviens aussi de Marco Grassi; on gagne 2-0 à domicile, il avait marqué ses deux premiers buts face à Bordeaux. Je revois aussi de ce beau parcours en Coupe UEFA face au Milan où Dugarry fait un doublé. Effectivement, c’était la grosse équipe de Bordeaux. Une remontée incroyable. Un beau souvenir. 


La remontée face au Milan reste un souvenir incroyable 


La particularité du Stade Rennais, ce sont aussi les nombreux entraîneurs qui évoluent en professionnel. Une fierté, j’imagine ? 

On suit ça avec intérêt. Il y a Ripoll, Dall’oglio, Jean-Luc Vasseur, Carteron…Il y en a quelqu’uns en effet. C’est l’identité du Stade Rennais qui voyage. Je pense en plus qu’ils aiment bien le club, c’est toujours glorifiant pour le club et la Bretagne surtout. 


Vous avez connu Stephane Guivarch’ meilleur buteur de Ligue 1. Comment était-il ? 

Stéphane finit meilleur buteur sur sa première saison au Stade Rennais en effet. C’était quelqu’un qui ne se posait pas trop de question. Un Breton : têtu. Quand on s’entraînait, il posait les sacs de ballons et il tirait avec beaucoup de puissance. Il n’avait peur de rien. Il n’hésitait pas. Du coup, pour un attaquant, c’est une grosse qualité. 


Stephane Guivarch’ ne se posait pas trop de question devant le but et c’est une grosse qualité pour un attaquant


Merci François ! 


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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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