Fahid Ben Khalfallah "J'aurais souhaité que ça se passe mieux aux Girondins de Bordeaux"

Le 26 09 2019 à 20h18

En exclusivité pour Leero Sport News, Fahid Ben Khalfallah revient sur ses passages amiénois et bordelais avant de nous en dire plus sur sa nouvelle vie en Australie.

Passé par Amiens et les Girondins de Bordeaux, Fahid Ben Khalfallah nous a accordé une interview en exclusivité pour Leero Sport News. Il revient sur son amour profond pour les Marines et Blancs, la sélection tunisienne et l’Australie; sa nouvelle vie. 


Bonjour Fahid, tu as connu Amiens et Bordeaux, qu’est-ce que tu en retiens ? 

Quand je commence à Amiens, je débute avec Denis Troch, c’est le club de ma région, c‘est là où j’ai commencé mais à côté de ça, Bordeaux, il n’y a pas photo. A l’époque, les Girondins, avec Jean-Louis Triaud, avaient une image froide et pourtant c’est le club le plus familial où je suis allé. Je suis tombé amoureux de ce club. Je suis de loin les résultats de Bordeaux et d’Amiens car les deux m’ont évidemment marqué. 


Quand j’arrive à Bordeaux, je me dis que je signe dans un gros club


Comment se passe ton transfert de Valenciennes à Bordeaux ? 

Cette saison là, je finis la saison avec 11 buts et 10 assists je crois avec Valenciennes, il y avait des clubs intéressés comme Rennes et Lyon. Après le match international où je joue contre la France, le téléphone sonne. Notamment Stuttgart s’était renseigné mais quand Bordeaux s’est positionné, je n’ai plus douté et j’ai foncé. 


Peux-tu nous rappeler les conditions de ton arrivée en Gironde ? 

J’arrive à Bordeaux après le départ de Blanc où l’équipe loupe l’Europe en ayant été leader à la trêve. Cependant, je me suis dit que l’effectif était de grosse qualité. Quand j’arrive fin août, le club avait déjà 2 ou 3 défaites et après on loupe l’Europe à pas grand chose. Il faudra attendre l’année d’après. Personnellement, je n’ai pas fait de centre de formation, je viens de Amiens en D2 alors quand j’arrive à Bordeaux, je me dis que je signe dans un gros club et qu’il va falloir bosser. 


Tu sembles avoir un grand attachement pour les Girondins de Bordeaux, n’est ce pas ? 

Le coup de coeur que j’ai eu pour les Girondins, je ne l’ai eu nul part ailleurs même si ça aurait pu mieux se passer. Tout était incroyable, le club la ville, le président Triaud. Il y a plein de choses à faire ici car il y a de l’argent. Pour moi, il y a Bordeaux et Reims qui peuvent venir se développer en Australie avec le vin et le champagne. Oui, franchement, c’est un club qui humainement m’a marqué. Tu vois pour Bordeaux // Amiens, et bien, je vais supporter Bordeaux. J’ai vu que les fans étaient déçus du mercato. Mais c’est compliqué de faire venir des gens tu sais. Il faut leur laisser leur chance. La critique française est omniprésente, pour le moindre truc. Marseille, les gens fracassent l’Américain alors qu’il a mis 200 millions de sa poche. Il faut laisser la chance. Les gens sont déçus de voir le football business partout. Mais, les gens n’investissent pas par hasard. Je souhaite de tout coeur aux nouveaux dirigeants de réussir et d’accrocher l’Europe.


Bordeaux : un club qui humainement m’a marqué.


Peux-tu nous parler de Amiens qu’on connaît peu ici ? 

Amiens à l’époque avait l’ambition de monter en Ligue 1. Ils ont toujours essayé de faire des choses bien notamment avec Denis Troch, de faire venir des joueurs expérimentés comme Djezon Boutoille dont les plus anciens se souviendront. Mais il y a aussi des gens qui ont flambé avec nous comme Issar Dia et aussi comme Fabrice Abriel. Amiens, c’est un club qui s’est construit, qui a pris le temps. Leur montée en Ligue 1 n’est pas le fruit du hasard. 


Nous avions interviewé l’ancien président Pouillot et son souvenir ému de la finale de 2001…

Je me souviens de cette finale 2001 non pas parce que je l’ai joué mais parce que le club monte de National en D2, à l’époque c’était encore la D2 (rires) et oui, cette finale perdue a marqué le club car ils perdent 1-0 dans des conditions un peu floues. 


Je n'ai pas compris qu’ils ne gardent pas le coach Pélissier.


Ton avis sur le club aujourd’hui ? 

J’ai vu qu’ils ont fait venir des gens comme Bodmer, Ganso etc… Mais on ne va pas se voiler la face, ça va être dur et puis j’ai pas compris qu’ils ne gardent pas le coach Pélissier. En Ligue 1, il faut faire des efforts financiers et avoir des idées. Amiens, ça ne sera jamais non plus Bordeaux. C’est bien après qu’ils se maintiennent sans trop de problème et pourquoi pas un jour finir régulièrement dans le top 10. Mais si tu leur dis maintenant de finir 17eme, ils prennent, je pense. 


Comment vois-tu les performances de la Tunisie ? 

Giresse est parti, il amène la sélection en demi-finale. Je ne sais pas si c’est sa décision ou si c’est politique. Après ça me fait plaisir de les voir aller dans le dernier carré. Ça a toujours été une des plus belles équipes d’Afrique même si c’est un cran en dessous de l’Algérie. Ca me rend triste de voir un entraineur faire du bon travail partir comme ça. Malheureusement, c’est l’Afrique. Quand le politique se mêle du football, ça ne fonctionne pas. Quand tu amènes une sélection en demi-finale, je ne comprends pas que tu ne gardes pas ton coach. 


Tu as connu une figure bordelaise à l’ESTAC avec Jean Marc Furlan. Un mot sur lui ? 

Jean-Marc, il est assez différent des autres coachs : c’est la beauté du jeu. Tout est fait pour le beau jeu, il veut gagner, il fait monter son club en Ligue 1 et part à Auxerre. J’ai énormément appris avec lui. Un passionné, un très bon mec. Mais Jean Louis Garcia qui était aux Girondins, est comme un mentor, je l’ai souvent au téléphone. C’est l’une de mes plus belles rencontres et avec qui j’ai eu un coup de coeur. 


Comment est perçu le soccer en Australie ? 

La première année où j’arrive, ils ne savaient pas qui était Pastore, Verratti, Mandanda. J’ai été très surpris. Les gens passés par l’Europe savent ce qu’est Bordeaux mais encore aujourd’hui, les gens suivent la Premier League, le Championship mais c’est tout. Franchement, c’est un peu choquant. On a fait un tournoi avec l’As Rome, la Juventus et l’Atletico et bien tu vois, Totti est allé au casino et personne ne lui a pris la tête. Il a joué à la roulette comme quelqu’un de normal. Ils ont vraiment aucune idée du championnat de France. Il ne faut pas oublier que ce n’est pas le sport numéro un. Après, il n’y a rien du côté de l’exposition du championnat français ici. Mais pire, même des joueurs qui évoluaient avec moi ne connaissaient pas. 


En Australie, Totti a pu aller tranquillement au casino comme quelqu'un de normal


Parle-nous de ton expérience au Melbourne Victory ! 

Melbourne Victory, c’est le gros club là bas. Tu joues devant 30 000 personnes. C’est fou. Le soccer en lui-même est entrain de grandir. L’année où j’arrive on gagne tout et je finis meilleur joueur, donc ça se passe bien. Et puis, il y a le côté où les Australiens respectent l’homme avant le sportif. Tu peux amener tes enfants au stade tranquille. Il n’y a pas la même ferveur non plus. En Australie, c’est le sport numéro 4. Si tu perds, tu ne te fais pas incendier dans la presse. Bref, c’est une autre mentalité.


Comment vois-tu ton avenir ? 

Je suis trop bien en Australie. J’ai eu des offres pour bosser dans le recrutement, j’ai envie de faire des efforts à Nunawading. Même si demain, un club de A-League me proposait quelque chose, je refuserais car il faut prendre le temps de se tromper. J’apprends au quotidien, j’ai aussi envie de profiter de ma fille, aller l’amener à l’école etc… La saison amateur s’est finie, je vais pouvoir partir en vacances avec ma fille. Ce sont des détails qui comptent pour moi à l’instant. D’ici quelque années pourquoi pas. Aujourd’hui, je voulais apprendre de moi-même et profiter de ma vie. 



Un dernier mot ? 

Je serais ravi de voir venir Bordeaux faire une tournée estivale ici !

Merci Fahid


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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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