Emmanuel Sani : "Samuel Kalu ira loin, il a le talent des grands"

Le 17 11 2019 à 13h05

En exclusivité dans le Leero Sport Show, Emmanuel Sani, meilleur joueur du championnat du monde U17 est revenu sur l'édition 2009

Emmanuel Sani, élu meilleur joueur de la Coupe du monde U17 en 2009 et finaliste de cette même compétition nous a donné un témoignage poignant à la veille de la finale de ce tournoi, miroir aux alouettes, à retrouver aussi dans le Leero Sport Show.


Bonsoir Emmanuel, quels souvenirs gardez-vous de cette compétition ? 

C’était un grand tournoi, j’y ai pris beaucoup de plaisir. C’est du football, nous avons tout donné même si nous avons perdu en finale, nous n’avons rien à regretter car nous avons tout fait pour gagner mais c’est le football. Parfois, on gagne, parfois on perd. 


Nous n’avons rien à regretter car nous avons tout fait pour gagner


Vous battez l’Argentine de Tagliafico et l’Espagne de Isco. Cela doit être une grande fierté, non ? 

Comme je l’ai dit, c’est du football, on veut tous gagner et nous avons eu de la réussite comme il en faut pour gagner ces matchs. C’était un moment fantastique. 


Battre l’Argentine et l’Espagne furent des moments fantastiques 


Pourquoi avez-vous disparu du football alors que Chelsea et la Lazio voulaient vous faire signer ? 

J’ai eu des problèmes à mes pieds, même durant le tournoi en 2009. Si vous vous souvenez bien, je rentrais souvent en deuxième mi-temps car la douleur m’était insupportable. Après la coupe du monde, je ne pouvais plus jouer du tout car j’avais trop tiré sur la corde en jouant avec la douleur. Puis j’ai dû arrêter ma carrière, même aujourd’hui, j’ai toujours mal sur le devant du pied. 


J’ai dû arrêter ma carrière à cause d’une blessure aux pieds 


N’avez-vous pas tenté de contacter les stars du football nigérianes à ce moment là pour vous aider ? 

J’ai essayé de contacté beaucoup de joueurs internationaux nigérians, mais je n’ai jamais eu de réponse et ça a été très difficile à encaisser. Je suis retourné à l’anonymat, sans travail, sans rien. J’ai voulu monter une academy, mais je n’ai jamais réussi à obtenir d’aide et j’en cherche toujours d’ailleurs. 


Je suis retourné à l’anonymat, sans travail, sans rien.


Votre blessure était-elle opérable ? 

Oui, il y avait la possibilité de m’opérer pour que tout rentre dans l’ordre mais cela coûtait de l’argent, 40k dollars que je n’avais pas. Quand j’étais à la Lazio, le club ne voulait pas avancer les frais de chirurgie même si nous en avons beaucoup parlé. C’était une opération lourde avec 50% de chances que cela fonctionne. Et après leur refus, j’ai dû rentrer au Nigéria. 


Quand j’étais à la Lazio, le club ne voulait pas avancer les 40k euros de frais de chirurgie


Qu’en a pensé la fédération du Nigéria ? Vous ont-ils proposé un poste ? 

J’ai essayé de les contacter tellement de fois, mais ils m’ont dit de rentrer de chez moi et de me débrouiller par moi-même. Ils avaient d’autres projets. 


Pourquoi n’essayez-vous pas d’écrire un livre sur votre histoire ? 

Oui, j’ai pensé à écrire ce livre, j’ai même rédigé quelque passages mais je n’ai encore trouvé personne pour croire en mon projet donc c’est dans les cartons. Mais oui, c’est une bonne idée.


Aujourd’hui, j’entraîne les jeunes de mon quartier, de ma communauté.


Concrètement, que faites-vous pour gagner votre vie ? 

Aujourd’hui, j’entraîne les jeunes de mon quartier, de ma communauté. Mais c’est compliqué de leur fournir un terrain, des maillots, je fais avec les moyens du bord pour effectuer des entraînements le plus sérieux possible.


Suivez-vous toujours l’équipe nationale du Nigéria malgré tout ? Samuel Kalu joue chez nous, à Bordeaux…

Oui, je suis toujours l’équipe nationale. J’adore Samuel Kalu, il ira loin car sa façon de bouger sur le terrain montre qu’il a le talent des grands


Samuel Kalu ira loin, il a le talent des grands


Que pensez-vous de l’Equipe de France ? 

L’équipe est très forte et je crois que s’ils croient en eux, ils seront champion du monde. Mais pour ça, ils faut des pré-requis comme le travail et être prêt le jour J. 


Merci Emmanuel 


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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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