Daniel Cousin : " En 2008, quand je suis aux Glasgow Rangers, Darcheville me dit que les Girondins de Bordeaux me voulaient"

Le 03 01 2020 à 20h57

Daniel Cousin, véritable monument du Mans revient sur la construction du club sarthois, les Rangers et bien sûr les Girondins de Bordeaux #FCGBLMFC #girondins

Il fait partie de ces attaquants qui ont marqué la Ligue 1 et le football européen, Daniel Cousin, véritable monument au Mans nous a accordé un peu de temps à la veille de Bordeaux-Le Mans en Coupe de France. L’occasion aussi d’aborder le Old Firm remporté par les Rangers, club qu’il a emmené en finale d’Europa League en 2007-2008 avec Jean Claude Darcheville. 


Bonjour Daniel, qu’est-ce que cela te fait de revoir Le Mans en Ligue 2 ? 

Ca me fait énormément plaisir car c’est un club qui ne méritait pas d’être en amateur. Ils ont les structures et c’est logiquement qu’ils ont retrouvé le niveau professionnel. 


Le Mans ne méritait pas de jouer dans les divisions amateurs


Est-ce qu’on peut parler de ferveur au Mans ? 

Ce sont les résultats qui vont faire que les gens vont venir. A côté, il y a Angers, Nantes etc..L’année où on monte, on est passé à 25 000 spectateurs. Le haut niveau amène du monde au stade.


Tu as joué avec Didier Drogba. Comment était-il à ton époque ?

Didier était plutôt en phase d’apprentissage, quand je suis arrivé, il sortait d’une grave blessure à la cheville, il eut du mal à retrouver la confiance mais il faisait quand même de bons matchs. J’avais plus la confiance du coach que lui à ce moment. On voyait qu’il avait un gros potentiel, il lui manquait peut être un déclic au Mans, celui qu’il a finalement eu à Guingamp.


Je me souviens du Haillan où nous avions joué avec la sélection du Gabon de Gernot

Comment arrives-tu au Mans ?

Avant d’arriver au Mans, je jouais à Niort avec Ousmane Bangoura, le cousin de Pascal Feindouno et du coup, je connais bien la région bordelaise. Au centre d’entrainement, j’y suis allé avec l’équipe nationale du Gabon avec Gernot Rohr qui avait organisé un match face aux Girondins de Jean Tigana, c’est comme ça que le club a recruté Poko à l’époque. Gernot nous racontait quelque anecdotes avec Domenech, Giresse mais pas trop finalement de l’épopée de 1996.


J’ai l’impression que Thierry Goudet te fait exploser, qu’en est-il ? 

Thierry Goudet avec Alain Pascalou qui était adjoint-recruteur, ils croyaient beaucoup en moi. Ils avaient réussi à déceler mon potentiel. Ils étaient souvent derrière moi ce qui n’était pas simple à vivre parfois (rires) mais j’en avais besoin. Je les remercie d’avoir cru en moi. 


Alain Pascalou, l'adjoint-recruteur était le Guy Roux du Mans


Alain Pascalou, pourrais-tu le décrire pour les plus jeunes ? 

Alain Pascalou c’était le Guy Roux du Mans. C’es lui qui a réussi à créer une identité au club sur le recrutement, la façon de jouer. Il est resté une dizaine d’années. C’était ça, le secret du MUC 72 à l’époque, ils voyaient sur le long terme et le coup d’oeil sur le recrutement. 


Un autre joueur sous estimé, Laurent Bonnart. Un vrai soldat, n’est-ce pas ?

Je n’ai plus de nouvelles de Laurent Bonnart, il était impressionnant par sa polyvalence, il a joué à tous les postes sauf attaquant parce que j’étais là (rires). Je ne suis pas étonné qu’il ait été récompensé par un titre avec Deschamps. Il aurait peut être pu avoir l’opportunité d’aller encore plus haut même si quand il joue à Marseille, c’est un super club européen. Il était discret mais un super partenaire. 


Daniel Jeandupeux qu’on connait bien en Gironde remplace Thierry Goudet. Quel fut son apport ? 

Il est arrivé pour remplacer Goudet, il a fait du très boulot. Il avait ce côté psychologique. Il était très proche des joueurs. Dès qu’il est arrivé, il nous a offert le livre de Paulo Coelho, l’Alchimiste. Il nous a fait du bien dans les têtes même si on rate le maintien à un point mais il a été important dans ma carrière. 


Daniel Jeandupeux avait un côté psychologique qui nous a fait du bien


Sur le dernier match avec le Mans, tu gagnes 3-0 face à Lens, ça a fini de convaincre Gervais Martel pour te faire venir ? 

Je m’étais déjà mis d’accord avec Gervais Martel, trois mois auparavant pour rejoindre aussi Olivier Thomert et Dagui Bakari. J’ai fait abstraction, j’ai tout donné pour le club et le maintien mais c’est comme ça. 


Yohann Pelé, un gardien emblématique du MUC 72. Un mot sur ce colosse ? 

Je l’ai connu sur les quatre derniers mois car au début c’était Bedenik dans les bois et Jeandupeux a titularisé Pelé. Je ne suis pas étonné de voir sa carrière. Au Mans, ils se trompaient rarement sur le recrutement. Je suis un peu déçu car je pense qu’il mériterait une place de numéro en Ligue 1. Mais je me souviens que je lui ai marqué des buts quand je jouais à Lens (rires)

Il me semble que tu as été proche de venir à Bordeaux en 2008 quand tu jouais aux Rangers…

Quand je suis aux Glasgow Rangers, Jean Claude Darcheville me dit que Bordeaux voulait me récupérer et je n’ai pas compris pourquoi ce n’est pas allé plus loin mais c’est la vie, c’est le football. Cette année là, je met 14 buts je crois, et on finit in extremis second du championnat, on gagne la Coupe d’Ecosse. J’étais suspendu pour la finale de Coupe de l’UEFA alors que je prends un rouge injustifié contre la Fiorentina en demi finale. Le mec, je le touche pas, il tombe, je prends un rouge et ça me prive de la finale. Aux Rangers, j’ai été contacté par Willy Mckay, il me demande si j’étais intéressé pour rejoindre les Rangers. A l’époque, le club jouait la Ligue des Champions, je n’ai pas hésité. 


Quand je suis aux Glasgow Rangers, Darcheville me dit que Bordeaux me voulait


Les Rangers ont remporté le Old Firm la semaine dernière. Qu’est-ce que cela te rappelle ? 

Le Old Firm, c’est le match que tout le monde attend. Il ne faut pas le perdre. Nous, on joue trois fois contre eux dans la saison, il faut gagner les trois et on avait gagné chez eux, justement. 


Le Old Firm, c'est le match que tout le monde attend


Gerrard, le coach des Rangers, tu l’as croisé en tant que joueur à Anfield quand tu jouais à Hull City. Quels souvenirs en gardes-tu ? 

Avec Hull, on s’était pris 5-0, mais j’ai trouvé Liverpool moins impressionnant que maintenant. Là, ils sont toujours dans une autre dimension. C’est toujours difficile de jouer à Anfield.


Tu as aussi fait de belles performances à Lens. Vous aviez une super équipe à l’époque, n’est-ce pas ? 

La deuxième année à Lens, on finit 4eme ou 5eme, il y avait tout ce qu’il fallait pour faire une bonne saison. Personnellement, j’ai pris beaucoup de plaisir avec des joueurs d’expérience. J’ai découvert la Coupe d’Europe, le haut de tableau, ça reste un grand souvenir. 


Avec Lens, je découvre le très haut niveau, ça reste un grand souvenir


Que peut-on te souhaiter ? 

Mon rêve est de devenir un entraîneur professionnel de haut niveau. J’avais un rêve quand j’étais petit, c’était de devenir joueur pro et là, mon deuxième, c’est de devenir entraîneur dans un club de Ligue 1. Je passe mes diplômes d’état, je dois encore passer trois diplômes et après on verra. On va regarder pour l’année prochaine. 


Je rêve de devenir entraîneur de Ligue 1


Merci Daniel ! 





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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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