Brian Priske : "Evander est un joueur très sollicité par de grands clubs dont Bordeaux et Liège"

Le 04 08 2020 à 09h34

Champion du Danemark avec le FC Midtjylland, Brian Priske nous parle de son métier et de sa passion pour le football.

Brian Priske vient d’être sacré champion du Danemark avec le FC Midtjylland. De plus en plus de clubs européens lorgnent sur ce championnat pour faire leurs achats et s’inspirer d’un modèle peu coûteux basé sur le travail, la rigueur et l’humain. Rencontre avec un homme passionné et tranquille. 


Merci Brian pour ta disponibilité, félicitations pour ton titre. Comment ton expérience en tant que coach a-t-elle démarrée ? 

Quand j’ai commencé en tant que coach. Je venais de prendre ma retraite en tant que joueur et cela faisait déjà quelque années que je travaillais avec le même entraîneur. Mais quand Jess Thorup est arrivé pour jouer les qualifications de Champion’s League, il nous a donné une vraie confiance en nous, toujours très calme. Et puis, j’ai eu une opportunité de Copenhague, de Staale Solbakken de rejoindre le club pour devenir son assistant. Nous avons fait le doublé et nous nous sommes qualifiés pour la Ligue des Champions. Quand tu es assistant, tu es comme une éponge, tu apprends de ce qui t’entoure mais à la fois tu apportes aussi de ce que tu appris des entraîneurs précédents. 


Tu as un lien particulier avec la Belgique, que peux-tu nous dire à ce propos ? 

Je ne sais pas si c’est mon deuxième pays mais j’ai de très bons souvenirs là-bas. C’est ma première expérience à l’étranger. J’ai joué à Genk et à Bruges. C’est un championnat qui a énormément évolué et qui possède désormais de très bons joueurs et un niveau européen. Bien sûr qu’en tant qu’entraîneur danois, aller là-bas un jour serait une progression. J’adore l’atmosphère, les fans et bien sûr la culture football. Bien sûr que je continue de suivre la Pro League et que je maintiens des contacts là-bas, plus particulièrement à Genk. 


Qu’est-ce que le joueur Brian Priske a-t-il amené à l’entraîneur que tu es aujourd’hui ? 

Bien sûr que j’essaye d’amener plus globalement mon expérience en tant que joueur dans mes séances. Ce n’est pas lié qu’à mon expérience en Belgique. Mais aussi en tant qu’être humain, la personne que tu es au quotidien. Etre entraîneur, c’est d’abord un métier humain et au-delà de l’aspect purement techniquement et au-delà de l’expérience football que tu peux avoir, c’est ta philosophie en tant qu’être humain que tu apportes avec toi. 


Quelles sont les clés selon toi pour gérer un groupe ? 

Pour moi, j’accorde une grande part à qui se cache derrière le footballeur. Quelle est la personnalité du joueur dans mon vestiaire ? Je pense que le football est le plus beau sport du monde mais j’aime être au contact de mes joueurs, de mon staff. De faire de mon équipe un laboratoire pour en tirer le meilleur. Ecouter et les comprendre pour faire bouger les lignes. Je suis conscient des réseaux sociaux comme Twitter, Instagram et plus généralement les téléphones portables mais je passe outre et je privilégie le contact direct et les franches discussions. Maintenant, cela fait partie de leur quotidien et il faut s’adapter et ne pas réagir comme il y a vingt ans. C’est un métier passionnant car tu dois pousser les limites de chacun pour les faire progresser, traiter tout le monde de la même façon tout en s’adaptant à chaque personnalité. Je crois qu’il y a tellement de paramètres qu’il faut aussi qu’un entraîneur se fasse confiance et avance avec sa philosophie et son coeur. 


J’aime particulièrement Mabil dans ton effectif. Comment as-tu fait évoluer cette pépite ? 

C’est important tout d’abord qu’un joueur se sente bien et sécurisé dans le groupe pour pouvoir performer. Nous avons des objectifs élevés pour chacun d’entre eux mais pour les atteindre, tu dois te baser sur quelque chose de solide, tu dois donner quelque chose avant. Tu vois par exemple pour Mabil, il est arrivé tôt au Danemark et manquait peut être de confiance en lui, avait peut être quelques problèmes d’acclimatation. Nous avons beaucoup travaillé ensemble pour qu’il sorte son meilleur football et aujourd’hui, il centre, il marque des buts et il découvre la lumière qu’il mérite. C’est un super joueur. Bien sûr, tu ne peux pas faire jouer tout le monde mais si tu fais comprendre à ceux qui jouent et ceux qui ne jouent pas pourquoi ils sont là, c’est un pas énorme vers la cohésion du groupe. 


J’ai l’impression que tu accordes une grande importance à ta défense et sa stabilité. Que peux-tu me dire là-dessus ? 

Pour moi, l’organisation de la défense est la clé du succès en football. Surtout quand tu veux, comme Midtjylland, gagner le championnat mais surtout atteindre l’Europe et faire des résultats. Tu peux regarder tous les grands tournois et les grands vainqueurs de ces derniers, le dénominateur commun est à chaque fois, une défense de fer. Dans le football, il y a beaucoup de phases de jeu sans ballon, par conséquent, tu dois être compact et me concernant, j’aime les pressings hauts et mettre l’adversaire sous pression. Maintenant, j’attends aussi que mes attaquants et mes ailiers jouent un rôle défensif dans le jeu sans ballon. J’essaie de faire comprendre à mon équipe que si voulons aller loin sur la scène européenne, il faudra que toute l’équipe soit concernée par ces moments où il faut presser haut et rapidement à la perte du ballon. 


Quel est ton système de jeu favori ? 

Normalement, je joue avec un attaquant et un soutien. J’aime jouer avec une ligne de quatre défenseurs, deux milieux, un numéro dix, deux ailiers et un attaquant. Evander joue avec le soutien de Frank Onyeka derrière. 


Justement Evander, c’est la pépite du club. Bordeaux et le Standard avaient coché son nom, va-t-il rester au club ? 

C’est effectivement la grosse question. Plusieurs de nos joueurs clés comme Evander ou Onyeka sont sollicités par de grands clubs mais aussi nos deux défenseurs centraux. Nous sortons d’une excellente saison et c’est normal qu’il y ait des approches mais il n’y a rien de concret pour l’instant. Nous sommes un club danois avec des moyens qui n’ont rien à voir avec les grands championnats donc nous devons être attentifs à la bonne offre tout en étant attentif aussi à ce qu’il se passe sur le marché des transferts. Soyons clairs, nous souhaitons remporter le championnat deux fois d’affilée (ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire du club) et atteindre la finale de coupe puis jouer l’Europe à fond, pour cela, c’est mon rôle de maintenir une équipe compétitive malgré les impondérables liés au football. 


Tu parles souvent d’Europe dans ton discours, c’est l’ambition du club de bien y figurer ? 

L’Europe, c’est notre grosse ambition au club. Nous savons que le niveau y est élevé mais l’objectif n’est pas de faire un coup pour rien mais d’y revenir chaque année et de progresser saison après saison et d’aller le plus loin possible à chaque fois. Les joueurs qui viennent chez nous savent qu’il faut être compétitif dès août pour avoir une chance de voir les phases de groupe s’approcher. Le staff et moi-même faisons tout notre possible pour cela. 


Merci Brian ! 

  • 1002 vues
  • 0 commentaires

L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

Voir les articles