Bozidar Bandovic "La double confrontation face aux Girondins de Bordeaux en 2010 reste un grand moment"

Le 19 11 2019 à 08h39

En exclusivité dans le Leero Sport Show, Bozidar Bandovic évoque sa carrière et les Girondins de Bordeaux

Bozidar Bandovic est l’ancien entraîneur de l’Olympiacos ayant affronté les Girondins de Bordeaux en 2010 en Ligue des Champions. Dans le Leero Sport Show, il revient sur cette période et nous parle de sa carrière


Bonjour Bozidar, quelles sont vos fonctions actuelles ?

Je travaille en Thailande dans le meilleur club là bas qui est le Buriram United depuis deux ans et demi où nous avons remporté deux fois le titre, nous avons eu le record de points sur une saison. Je suis très heureux d’être là, dans ce grand club.

Vous avez joué à l’Etoile Rouge, juste après le titre en Ligue des Champions de 1991. Pourriez-vous nous parler de cette époque ?

C’est un très grand club, effectivement, l’Etoile Rouge a remporté la Ligue des Champions en 1991 et ce fut un grand moment pour le pays et la région. J’y ai joué pendant deux ans et demi et prendre part à son histoire fut une fierté. Malgré la guerre, le club a continué d’exister et aujourd’hui, il fait toujours partie des meilleurs d’Europe et ce fut un grand moment dans ma carrière.

L’Etoile Rouge a remporté la Ligue des Champions en 1991 et ce fut un grand moment pour le pays et la région.


Vous partez en Grèce, pourquoi ?

J’ai dû quitter la Serbie à cause de la guerre et de la situation particulièrement difficile et j’ai atterri dans un club légendaire qu’est l’Olympiacos où j’ai passé des moments formidables en tant que joueur mais aussi en tant que coach ainsi qu’en tant que recruteur…J’ai tout fait et ça m’a apporté énormément. J’ai grandi en tant que joueur et coach. 


Christian Karembeu est bien sûr une référence sur le plan mondial, et c’est une grande chose que de l’avoir parmi nous.


Que pensez-vous de la venue de Christian Karembeu dans l’organigramme ?

Christian est bien sûr une référence sur le plan mondial, et c’est une grande chose que de l’avoir parmi nous. Il a bien sûr une place spéciale au club et son relationnel avec les médias mais aussi le sportif fait qu’il participe à stabiliser et à faire grandir le club. 


La double confrontation face à Bordeaux reste un grand moment 


Racontez-nous vos premiers pas en tant que coach là bas.

J’ai des souvenirs extraordinaires et notamment lors de mon premier match de Ligue des Champions face à Alkmaar, je me souviens aussi que nous avons gagné le derby à l’extérieur pour la deuxième fois de l’histoire de l’Olympiacos et bien sûr la double confrontation face à Bordeaux. Pour répondre à ta question, j’ai de grands souvenirs de Melberg qui a joué à la Juventus et en Angleterre, Torosidis qui avait joué à la Roma et Nikopolidis qui avait remporté le championnat d’Europe en 2004. Quand tu côtoies de tels joueurs, tu ne peux que progresser dans tes fonctions d’entraîneur. 


Comment voyez-vous le football monténégrin ? 

C’est un petit pays, nous avons besoin de temps pour nous améliorer et bien définir ce que nous voulons. C’est aussi difficile pour le sélectionneur car peu de joueurs jouent à l’étranger et les centres de formation doivent s’améliorer. Mais les gens ne sont pas patients ce qui est très compliqué en football. Avec du temps et de la transpiration, cela peut fonctionner mais c’est indispensable de passer par ces étapes là. 


Ici, nous avons eu Gajic, Savic et actuellement, Jovanovic. Votre oeil sur ces espoirs serbes ? 

Ce sont de supers joueurs qui sont à un excellent niveau. Ils connaissent le monde international et ont le caractère adéquat pour bien figurer.


Je suis obligé de vous parler des Girondins de Bordeaux. Quels souvenirs gardez-vous de cette équipe ? 

Bordeaux avait une équipe de feu sous Laurent Blanc et si je ne fais pas d’erreur, il n’avait pas perdu en phase de poule. Ils ont fait deux gros matchs et ce fut serré. Nous avions poussé en deuxième mi-temps pour marquer mais c’était vraiment le haut niveau. Le souvenir que j’en ai, ce n’était pas un joueur en particulier même si Gourcuff nous avait fait très mal, c’était surtout le collectif huilé. Chamakh aussi était très bon. Ce que je peux te dire, c’est que nous avions préparé le match au mieux et nous avons eu le sentiment d’avoir tout donné mais Bordeaux à cette époque était vraiment imprenable. 


Bordeaux était imprenable en 2010 


Pourriez-vous évoquer votre expérience en Thailande ? (question Ulysse) 

Quand je parle de mon expérience en Thaïlande, tout le monde pense que c’est facile de gagner là-bas. Bien sûr, ce n’est pas comparable à ce qu’il se fait en France ou en Allemagne mais il faut se battre contre des équipes qui jouent pour gagner. Nous nous sommes qualifiés pour la Ligue des Champions d’Asie et sommes sortis des poules avec le Guangzhou Evergrande ce qui est un exploit car leur budget est de 70 millions d’euros tandis que le nôtre est dix fois moins important. Quand ils achètent un étranger, ils peuvent poser 40 millions tandis que nous pouvons à peine dépasser le million d’euros pour ce faire. Nous ne jouons pas dans la même catégorie et pourtant, nous avons réussi à leur tenir tête. On s’est fait sortir ensuite in extremis en huitième par Jeonbuk, et cette année nous ratons le titre tandis que nous sommes à égalité de points, cela s’est joué à la différence de buts. 


Quand tu voyais Rivaldo et Melberg à l’entrainement, tu comprenais les champions qu’ils étaient


Quel joueur en particulier vous impressionne le plus ? (question Tim) 

Je dis souvent que le travail bat le talent. La façon dont tu t’entraînes, c’est la façon dont tu vas jouer. Les grands joueurs, n’ont pas besoin de beaucoup de directives. Ils savent ce qu’ils ont à faire. Melberg était un mec incroyable, il était très facile à l’entraînement, il n’y avait rien à dire. Avec Rivaldo, vous seriez surpris, il voulait performer tout le temps. Il prenait le temps après les entraînements avec les plus jeunes pour leur donner des conseils. 


Merci Bozidar !

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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