Anthony Vosahlo :" Jean Tigana était mon joueur préféré. Les Girondins de Bordeaux, c’était un gros morceau !"

Le 04 12 2019 à 19h10

En exclusivité pour Leero Sport News, Anthony Vosahlo, monument du Nîmes Olympique s'est exprimé pour #FCGBNO

Anthony Vosahlo, véritable monument du club de Nîmes nous a accordé une interview exclusive en marge de Bordeaux-Nîmes. Lui qui a connu la Coupe des Coupes avec les Crocos en 1996, il nous donne aussi son avis sur le club marine et blanc. 


Bonjour Anthony, pourriez-vous nous parler de vos débuts au Nîmes Olympique ? 

J’y ai joué de l’âge de 12 ans à mes 27 ans. J’ai fait mon sport étude et puis j’ai commencé en pro à 19 ans. Je suis Nîmois, j’ai eu du mal à couper le cordon et partir ailleurs. C’est super de jouer dans sa ville et dans son stade.


Je suis Nîmois, j’ai eu du mal à couper le cordon et partir ailleurs.


Que pensez-vous de l’évolution du club ? 

Je suis bien sûr content de les voir en Ligue 1, l’année dernière, il y a eu beaucoup d’engouement. Il y a eu une vraie ferveur au NO. Cela fait chaud au coeur de voir ce club retrouver l’élite après les galères. Je connais Laurent Boissier qui était là quand j’évoluais. Le temps passe, les gens changent, je regarde ça en tant que supporteur. 


Cela fait chaud au coeur de voir le NO retrouver l’élite après les galères.


Quelles sont les valeurs de ce club ? 

C’est les vertus du NO que de se mettre les tripes sur le terrain. Malgré tout, cela ne suffit pas. Le coach l’a dit dans sa dernière interview qu’il fallait mettre plus d’animation offensive. Il y a cette volonté de jouer mais ils ont perdu des joueurs importants. Il faut qu’ils retrouvent ce jeu vers l’avant même si la défense a l’air de bien tenir. 


Il faut que le NO retrouve ce jeu vers l’avant même si la défense a l’air de bien tenir.


Paul Bernardoni semble être pilier de l’équipe. Votre avis là dessus ? 

C’est un atout, c’est une chance d’avoir pu le garder. On a eu des doutes pour savoir s’il allait rester. Il a pris de la maturité malgré son âge. C’est ce qui donne de l’espoir pour la suite de la saison. Avec lui, on a passé un cap. 


Avec Paul Bernardoni, le club de Nîmes a passé un cap


Vous aviez une sacrée équipe au milieu des années 90. Un mot là dessus ? 

Ouais en effet. Johnny Ecker, on a joué ensemble ainsi qu’avec Cyril Jeunechamp. C’était sur la qualité physique et l’engagement qu’on pouvait nous reconnaître. On avait joué à la fin des années 90, un quart de finale de Coupe de France à Bordeaux. 


Avec Johnny Ecker et Cyril Jeunechamp, on nous reconnaissait à l’engagement sur le terrain


Qu’est ce que les Girondins représentaient à cette époque ? 

C’est clair, c’était un gros morceau ! J’ai grandi avec Jean Tigana qui était mon joueur préféré. Mon premier entraîneur était René Girard. Forcément, j’en ai des souvenirs incroyables. En 1999, il y avait des sacrés joueurs internationaux, comme Wiltord et Dugarry et pour nous c’était important.


Jean Tigana était mon joueur préféré. Bordeaux, c’était un gros morceau ! 


Pierre Mosca a semble-t-il fait beaucoup du bien au NO. Qu’en pensez-vous ? 

J’ai beaucoup d’affection pour lui. Il était directeur sportif quand j’ai démarré mais après quand Pierrot Mosca est devenu le coach de l’équipe, c’est vraiment avec lui que j’ai gagné ma place dans l’équipe. Il m’a donné confiance. Il m’a permis de faire carrière et de mettre le pied à l’étrier. 


Pierre Mosca m’a donné ma chance, il m’a permis de faire une carrière


Parlez nous de cette finale 1996 de Coupe de France, c’est totalement fou, non ?

C’était inattendu car on était en National. On est qualifié ensuite en Coupe des Coupes car Auxerre gagne la Ligue 1. On va en Coupe d’Europe alors qu’on était des gamins. Ca a été un grand moment dans notre carrière. Pour des mecs comme Ecker ils en ont joué d’autres mais on s’est retrouvé en Suède à Stockholm où ça ne passe pas alors que derrière c’était le Barça de Figo et Stoichkov. On a tissé des liens incroyables avec Mecha Bazdarevic notamment, c’était fantastique parce qu’on remonte en Ligue 2 ensuite. Face à l’AIK, on gagne 0-1 et on a une balle de but là bas pour 0-2 sur le retour. A l’aller, c’était bizarre, on nous a fait jouer dans l’après midi, on perd 1-3 sans avoir eu l’impression de rivaliser et là bas on a failli créer la surprise. Dans les bois, ils avaient une muraille, le gardien de la sélection suédoise, Magnus Hedman, un monstre. Ils ont maîtrisé le match, mais on aurait pu les faire douter mais c’était quand même énorme pour nous. 


Si on avait passé l’AIK en Coupe des Coupes, derrière c’était le Barça de Figo et Stoichkov ! 


Comment se fait-ce que vous n’êtes pas de le football aujourd’hui ? 

J’ai eu des belles années à Dijon avec Rudi Garcia, je crois que c’est une vocation et il faut vraiment le ressentir. Le contact avec le stade me manque mais la priorité pour moi, c’était de revenir dans ma région. Pour moi, je ne voulais pas trop bouger et très tôt, j’ai fermé cette porte. Les places sont aussi restreintes. Je me suis dit aussi, tant qu’à faire, autant faire autre chose. 


Lionel Perez, l’ancien gardien de Nîmes était un « bonhomme » comme on dit, il impressionnait. 


Vous avez connu plusieurs anciens Bordelais, n’est-ce pas ?

Lionel Perez était plus âgé que moi, mais je l’ai vu joué aux Costières, il m’impressionnait pas son charisme. C’était un « bonhomme » comme on dit. René Girard c’est le meilleur exemple. C’est sûr qu’il vaut mieux l’avoir dans son équipe que contre même si le jeu a changé. On le voyait à l’entrainement, on sentait qu’il avait du talent mais son point fort c’était l’agressivité, la gniaque. Il m’a inculqué la compétition, de rien lâcher. Chez nous, il était à ses débuts et il a prouvé qu’il était un grand entraîneur notamment à Montpellier même si ça a fait mal aux Nîmois. 


Quand je gagne mon duel de la tête face à Dugarry alors que c’était plutôt son point fort, c’était une fierté


Quel souvenir avez-vous de Bordeaux et du stade Chaban ? 

Cela va faire 20 ans, les souvenirs sont un peu effacés. Mais ce quart de finale de Coupe de France où je gagne mon duel de la tête face à Dugarry alors que c’était plutôt son point fort, c’était une fierté. 


Comment voyez vous la saison du NO ? 

La Ligue 1, il faut un peu d’argent pour rivaliser. Jusqu’à présent ils ont bien recruté mais je compare NO à Dijon, c’est similaire, ils arrivent à trouver des solutions, il y a le public et la formation comme Briançon. S’ils descendent, ce n’est pas la fin du monde non plus, l’important, c’est construire et faire grandir le club. 


Si le NO descend en Ligue 2, ça ne sera pas la fin du monde, il faut construire avant tout


Votre regard sur la coupe d’Europe et les clubs français ? 

Personnellement, j’ai un ratio positif, 3 victoires, une défaite (rires). Après, j’ai joué en Espagne 3 saisons, la coupe d’Europe, eux, ils ne prennent pas ça à la légère. En France, on a l’impression qu’il ne la joue pas toujours. Je pense que les performances en Ligue Europa reflète le niveau d’un championnat. Quand un club arrive à faire des performances années après années, il représente le bon niveau de son championnat. Quand on se compare aux voisins, on a du mal à faire aussi bien qu’eux. Il faudrait qu’on ait des ambitions en Coupe UEFA ou Ligue Europa comme on dit aujourd’hui.


Je pense que les performances en Ligue Europa reflète le niveau d’un championnat.

Merci Anthony ! 



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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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