Les Girondins de Bordeaux pourrait être une parfaite option pour Saido Berahino

Le 11 07 2019 à 10h16

En exclusivité pour Leero Sport News, Ben Garner ancien entraîneur de West Brom s'est confié sur la politique sportive de la FA, la CAN et bien sûr Saido Berahino.

Ben Garner a été le coach adjoint de Pulis à West Bromwich Albion en Angleterre mais pas que. Pour Leero Sport News, il nous donne son avis sur les performances de Stéphane Sessegnon avec le Bénin, la formation anglaise et Saido Berahino qui a fait les beaux jours du club actuellement à la recherche d’un nouveau club.



Merci Ben pour votre disponibilité. En ce moment, c’est la Coupe d’Afrique des Nations, que pensez-vous des performances de Stephane Sessegnon que vous avez eu sous vos ordres ? 

Le Bénin fait une très bonne compétition dans un groupe relevé en s’offrant même le luxe de battre le Maroc validant un billet pour les quarts de finale. Stéphane est un joueur très expérimenté et joue un rôle clé dans leur progression. Après avoir raté le premier match, il a su retourner sur le terrain et guider l’équipe avec son charisme naturel, son talent et son agilité avec le ballon.


L’équipe des U21 anglaise a fait un grand championnat. Comment expliquez vous les bonnes performances de l’ensemble des équipes nationales anglaises ? 

La FA a fait un travail profond dans toutes les équipes depuis que Saint Georges’s Park a été construit. Il y a eu un grande remise en question sur les dernières années afin de créer une identité avec une envie prononcée pour le jeu vers l’avant. Les principes clés ont été de garder cet ADN que nous avons tout en s’améliorant sur le style de jeu. Si tu regardes bien, l’Espagne au dernier Euro U21, ils ont perdu il y a deux mais ils n’ont pas changé leur principes et ce qu’ils avaient mis en place. Ils sont simplement revenus à leur fondamentaux et ce en quoi ils croient malgré leur défaite au premier match. Si l’Angleterre continue de construire sur ces bonnes fondations qu’elle a bâti dans toutes les équipes, reste cohérente avec ses principes de jeu développés tout en continuant de progresser, il n’y a aucune raison de ne pas voir l’équipe A ramener un trophée majeur d’ici peu. 


Pendant l’Euro espoir, un joueur a illuminé le tournoi : Ianis Hagi. Que pensez-vous de lui ? Quelle serait la ligue la plus adaptée pour lui selon vous ? 

Ianis Hagi m’a vraiment impressionné dans le modèle de jeu proposé par la Roumanie. Sa qualité à recevoir la balle dans des espaces réduits, entre les défense et sa créativité font de lui un joueur hors norme. Ianis a démontré ce qu’est une vision de jeu de haut niveau en étant connecté au jeu, intelligent dans ses choix et bien sûr très à l’aise techniquement. Ce qui m’impressionne aussi beaucoup pour son jeune âge, ce sont ses prises de décision et sa parfaite compréhension avec George Puscas, lui aussi béat. Pour moi, la Liga serait certainement un bel endroit pour lui au vu de son jeu. Comment ne pas parler aussi de l’héritage lourd qu’il porte d’une part, mais aussi sa grande capacité à jouer toujours vers l’avant. 


Vous semblez être un bâtisseur pour atteindre la performance. Comment décririez vous votre travail et qu’est ce qui vous inspire ? 

Ma carrière de coach s’est construite depuis plus de 20 ans maintenant, et c’est dans ce sens que j’essaie vraiment de travailler en profondeur. Depuis le début, j’ai des principes et des convictions forts que j’amène. Durant mon passage à l’académie de Crystal Palace, j’ai adoré développé les jeunes joueurs et avoir la liberté nécessaire avec eux pour tenter des choses. Quand je suis arrivé dans l'équipe première, j’ai vu d’autres points de vu et approches de la part des différents managers avec qui j’ai travaillé. J’ai aussi beaucoup travaillé avec des disciplines transversales au-delà du football pour toujours m’améliorer. Depuis le début, j’ai le nez dans les bouquins, DVD, conférences et gagne toujours de nouvelles qualifications pour progresser et être à la page. J’ai aussi eu le plaisir de rendre visite à de nombreux coachs, clubs et équipes internationales dans le monde. Mais aussi dans d’autres sports et même dans le monde de l’entreprise. 

Mon seul but a toujours été de devenir le meilleur coach possible en apprenant de toutes les sources possibles et imaginables afin d’atteindre le meilleur niveau. Mes convictions n’ont pas changé mais je me suis toujours adapté et toujours évolué dans le but de m’améliorer. Pour moi, ma mission est de développer les joueurs et l’équipe. L’une des clés est comment tu traites les gens et quels rapports tu entretiens avec eux. Si tu y arrives, tu développes la performance globale de l’équipe. Tu sais, l'inspiration de l’équipe vient des entraîneurs et managers, comment l’équipe joue, comment ils se conduisent et comment aussi ils gagnent. Cela explique en partie la longévité de Sir Alex Ferguson, le parcours d’un José Mourinho qui n’a jamais été pro ou le succès de Guardiola. Au-delà du jeu, j’ai assimilé pas mal de principes venant d’autres sports. Mon père était boxeur et quand j’étais jeune, j'ai lu plusieurs fois une autobiographie sur Mohamed Ali. Mon frère et moi l’avons tellement lu que c’est devenu une de mes idoles. Sa force de caractère à refuser l’échec a résonné en moi. C’est la même chose avec Nelson Mandela et l’héritage qu'il a laissé. La leçon que j'ai tiré de tout ça, c’est que les grands hommes marquent et inspirent peu importe le domaine. 


Vous avez une sacrée expérience. Vous avez été l’assistant de Pardew, Pulis, Bruce, Warnock…Quel entraîneur vous a le plus inspiré pourquoi ? 

J’ai eu l’opportunité de travailler et d’acquérir beaucoup d’expériences avec des managers de renom comme Ian Holloway, Tony Pulis, Neil Warnock, Alan Pardew et Steve Coppel et cela a été énormément bénéfique bien sûr. En termes tactiques, j’ai dû admettre le jeu sous différentes coutures peut être même loin de ma propre vision. J’ai dû m’ouvrir pour découvrir d’autres façons de gagner. Le plus important, c’est que j’ai aussi appris de leur carrière et leurs expériences. Ils ne s’en rendent peut être pas compte, mais analyser ces entraîneurs en conférence de presse, autour du terrain et les écouter raconter des anecdotes sur leur carrière ont accéléré mon savoir-faire. Je pense que j’ai eu beaucoup de chance dans mon parcours d’être tombé sur des gens comme eux en plus des compétences techniques que j’ai pu développer. J’ai pris confiance en moi grâce à eux pour moi-même être encore plus ambitieux dans l’avenir. 


Saido est très suivi par bon nombre de clubs dont Bordeaux. Que pensez-vous du club et selon vous, serait-il le bon endroit pour lui afin de retrouver son niveau ?

Saido est un sacré joueur. Il est très talentueux et je peux te dire que c’est l’un des meilleurs finisseurs avec qui j’ai pu travailler. Malheureusement, Saido est très influençable et les mauvaises fréquentations ont réellement impacté sa carrière. Si Saido arrive à revenir au niveau physiquement et se concentre uniquement sur son football, il va reprendre sa carrière vers les sommets. Pour moi, Bordeaux serait une option fantastique pour lui. Personnellement, je pense que partir de chez lui ne peut lui faire que le plus grand bien pour se concentrer uniquement sur ce qu’il fait de mieux, jouer au football. 


Que peut-on vous souhaiter ? 

Merci, c’était un plaisir. Tu peux me souhaiter plein de succès dans ma carrière…en étant entraîneur principal ! Si tu as besoin, n’hésite pas, ça sera avec plaisir. Bonne chance et à très vite. 


Merci Ben !

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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