Jimmy Algérino aux Girondins : si proche, si loin

Le 02 12 2018 à 16h30

Jimmy Algerino a été l'une des figures du PSG dans les années 90. Il revient pour nous sur cette période faste du club.

Jimmy Algerino a connu la fin de l'ère Denisot au PSG et aussi de belles soirées européennes à l'image de cette finale de Coupe des coupes en 1997 perdue face au Barça de Ronaldo, le Brésilien. Le Toulousain proche de signer aux Girondins de Bordeaux par deux fois, revient sur sa carrière et ses accointances avec le club au scapulaire.



Bonjour M.Algerino, vous avez rencontré les Girondins en finale de Coupe de la Ligue en 1998. Qu'est ce que représente ce club pour vous ?

Effectivement, j'ai croisé la route de ce club sur la finale de 1998 même en championnat et puis quand Bordeaux a été champion de France aussi. J'ai aussi failli signer chez vous plusieurs fois et en tant que Toulousain, ce n'est pas commun. Concernant le club en lui même, que dire des nombreux titres, les matchs extraordinaires ? Et puis, je connais bien Pierre Espanol et Ricardo qui sont des personnes avec qui j'ai joué, donc oui, un lien fort existe.

La finale, c'était claire, c'était les premières au Stade de France. Nous, il y avait un changement car l'ère Canal s'arrêtait et on voulait vraiment faire le doublé pour Michel Denisot. En face il y avait Jean-Pierre Papin, Grenet etc.. Nous voulions vraiment bien finir et ça été le cas. On était rôdé en mode coupe d'Europe et faire le doublé pour la première fois au Stade de France, c'était très agréable. Pour ma « non-venue » aux Girondins, quand j'étais à Châteauroux, Battiston, alors directeur sportif, m'avait contacté mais j'étais sous contrat avec la Berrichone et puis c'était déjà acté d'aller au PSG même si je voulais me rapprocher de Toulouse. Quand je suis revenu d'Italie, ça avait failli se faire aussi avec Bordeaux. Avec Alain Roche en 2001, ça aurait été avec grand plaisir de jouer avec lui en Gironde. Mais Elie Baup avait forcé pour que je vienne cependant Grenet était un enfant du club et avait émis le souhait de partir mais finalement ça c'était pas fait. C'était après difficile de venir pour cirer le banc mais j'aurais été très content de jouer dans un club comme les Girondins de Bordeaux même si je suis Toulousain.



Ricardo est de nouveau le coach des Girondins de Bordeaux, pourriez-vous nous parler de lui ?

Ricardo est une personne qui arrive à gérer avec calme et discernement en mettant vraiment en confiance les joueurs. Le staff qu'il dirige arrive à faire progresser les joueurs qu'il entraîne. C'est là qu'on reconnaît les bons entraîneurs, c'est ceux qui amènent les joueurs à un certain point. Il a une connaissance du football qui n'est plus à prouver, il connaît bien les Girondins, ce qui est un atout indéniable. Avec ses problèmes de santé, je pense qu'il a dû développer sa complicité avec les joueurs et plus généralement avec le club de Bordeaux qu'il porte dans son cœur et avec le départ de M6, ce n'est pas chose facile à gérer.


"Elie Baup avait forcé pour que je vienne cependant Grenet était un enfant du club et avait émis le souhait de partir mais finalement ça c'était pas fait.



Vous avez une grande expérience en Coupe des coupes. On parle aujourd'hui d'un troisième coupe d'Europe. Pourriez-vous nous parler de cette compétition ?

Il y avait une ambiance particulière, c'était un choix par défaut car à l'époque Paris jouait régulièrement les phases finales de la Ligue des Champions. Que ce soit dans la préparation , dans l'intensité, c'était pour le PSG et ses joueurs quelque chose de normal. Paris joue chaque année la Ligue des Champions aujourd'hui et est confronté à des grosses équipes européennes. Mais c'était la même chose pour nous à l'époque notamment avec la Coupe des coupes. Imaginez les vainqueurs des coupes d'Espagne, d'Angleterre etc...Il y avait que le gratin. Le PSG durant ces années faisait partie des meilleures équipes européennes sans avoir gagné la Ligue des Champions mais en ayant remporté quand même la Coupe des coupes en 1996, ce qui est encore le dernier trophée européen majeur remporté par un club français. En 1997, je ne me rappelle plus vraiment où se situait vraiment Barcelone. Mais avec Laurent Blanc, Ronaldo et Puyol, je crois, il me semble que Barcelone n'était pas au niveau où ils ont été il y a quelque temps. Paris en termes de palmarès se situait au même niveau à ce moment. Barcelone faisait partie des clubs où certains joueurs avaient déjà très envie de jouer, ouais.



Qu'est ce qui manque au PSG pour lever la Ligue des Champions ?

Pas grand chose mais la concurrence est très élevée car les équipes ont autant de moyens et puis aussi sur le tirage car le PSG n'a pas été verni là dessus non plus. Aussi, quand on se retrouve sur une demi et une finale tout est possible après. Mais le PSG a autant d'atouts que d'autres équipes, mais sur la gestion de match notamment sans doute, il faut un peu plus d'expérience sur des matchs couperet.


"Ricardo est une personne qui arrive à gérer avec calme et discernement en mettant vraiment en confiance les joueurs


As-tu connu notre choucou, Didier Tholot à Niort ?

Je n'ai pas connu Didier Tholot à Niort. Je n'ai jamais joué avec lui sur les terrains mais contre lui et puis il a été coach de Châteauroux où nous nous sommes croisés mais je sais qu'il a fait partie d'une des plus belles épopées du football français. J'en profite pour le saluer.


Vous avez fait partie de l'effectif de Monaco lors de l'épopée de Coupe des coupes en 1992. Parlez-nous de cette saison incroyable...

Je ne relis pas mon palmarès tous les jours mais je faisais partie de l'effectif de Monaco à Lisbonne contre le Werder de Brême. Il ne me semble pas avoir fait de match de poule. Je faisais partie de cet effectif avec Etorri, Fofana, Sonor, Weah etc..




Pourriez-vous nous en dire un peu plus notamment sur Youssouf Fofana qui a joué à Bordeaux ?

Youssouf c'était le grand frère, l'attaquant vedette du championnat de France. A l'époque, il y avait des chargeurs CD dans les voitures et il en avait un en plaqué or dans son coffre (rires). C'était vraiment la vedette, mais il y avait aussi Mendy le défenseur sénégalais. Il y avait une communauté africaine à Monaco et quand George est arrivé, il a été bien accueilli. Luc Sonor et Gérald Passi aussi étaient très proches de George. Pour en revenir à Youssouf, il allait à une vitesse incroyable ! Moi j'allais vite mais face à Youssouf...un peu comparable à Mbappé dans ses appels.


Vous avez eu Alain Giresse en coach à Paris, comment était-il ?

Je le croise régulièrement à Toulouse. C'était assez triste dans la façon dont il est parti. Je suis admiratif de la carrière du footballeur et puis l'homme aussi. Les gens ont tellement d'admiration pour le joueur et non pas sur le coach qu'il est ou qu'il peut être. C'est un peu ce qu'il s'est passé à Paris. Il n'est pas tombé au bon moment mais il avait le respect des gens du club et des supporteurs. Même si ça avait un autre coach, ça aurait été la même chose.



Que devenez-vous aujourd'hui ?

Je bosse un peu avec le PSG sur les académies pour développer la marque et essayer d'avoir des joueurs à l'étranger qui pourrait un jour intégrer l'équipe une. On est au Liban en Thailande et puis j'ai ma société de conseils sportifs avec des agents qui veulent suivre des joueurs, ils font appel à moi pour faire le suivi ou après un changement de club. Pour avoir un suivi un peu plus pointu sur le sportif et des aptitudes de match ou d'entraînement. Le fait d'être à Toulouse, de profiter de la famille et des amis, c'est important.


Un mot pour les fans qui vont vous lire?

Merci de m'avoir soutenu tout au long de ma carrière. J'ai toujours eu beaucoup de respect même des supporteurs adverses. J'avais très peu d'animosité et de dire aux fans du PSG de continuer à encourager leur équipe car c'est l'un des sports les plus ouverts et dont certaines valeurs perdurent. De les féliciter aussi d'aller au stade, de créer des tifos, c'est assez incroyable. Avec un ami toulousain, on était au match mercredi (contre Liverpool), j'étais même au match PSG-OL chez les femmes, c'était très émouvant de voir ça.


Merci M.Algerino


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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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