Eric Matoukou : "Genk a une dynamique de champion"

Le 20 04 2019 à 19h47

En marge du match entre le Standard de Liège et Genk en Jupiler Pro League, eric Matoukou a répondu à nos questions.

Eric Matoukou, international camerounais, champion de Belgique avec Genk en 2011 et vainqueur de la Coupe avec ce même club en 2009 revient sur le formidable parcours de l’actuel leader de Jupiler Pro League. Une légende aussi en reconversion, de quoi faire saliver bon nombre de clubs à la recherche d’expérience dans leur staff. 



Bonjour Eric, merci de nous accorder quelque minutes après votre jogging. Que devenez-vous ?

Je viens d’être diplômé entraîneur UEFA, j’engrange un peu d’expérience au niveau de la formation des jeunes mais aussi auprès de joueurs de retour de blessure qui ont besoin d’énergie et de courage. Ils ont besoin d’un soutien car nous, joueurs pro, nous connaissons ces épreuves de la vie. Par exemple, mon meilleur ami, il a 31 ans et les séances individuelles que nous produisons lui font du bien. 



Les techniques de coaching évoluent et font leur preuve avec des longévité de plus en plus fréquentes sur le circuit professionnel comme Hilton. Etes-vous d’accord avec cette analyse ?

Il a d’abord une très belle hygiène de vie. Il n’a jamais eu de grosse blessure et se remet en question tous les jours. Il y a des coups durs qui ralentissent une carrière. Le football aujourd’hui, le moindre petit faux pas, c’est le coup de poignard. Quand on a 30 ans sur le continent, on dit que tu es fini alors qu’à Montpellier, tu as un Hilton qui rayonne. Il faut d’abord qu’on croit en toi et c’est ce qui importe finalement, c’est la base. 


Vous êtes une légende du côté de Genk, réintégrer le staff, cela vous plairait ? 

Bien sûr ! Je pense qu’après avoir passé une belle carrière, je vis à 10km de Genk, je pense que j’ai beaucoup à donner à la jeunesse, elle a besoin d’entraîneur qui lui donnera confiance. A ce niveau, ce sont les détails qui font la différence. J’ai été quelqu’un qui était un pilier dans le vestiaire physiquement et mentalement, ce qui est maintenant incontournable dans le football. 



Genk semble marcher sur l’eau cette saison, jusqu’où vont-ils aller ?

Genk est une équipe qui est jeune, qui a un entraîneur avec beaucoup de caractère. Je connais ses qualités mentales. L’équipe ira très loin cette saison et qui peut s’adapter à toutes les situations. Quand nous avons remporté le titre, nous étions soudés et c’est ce qui fera la différence. Genk a une dynamique de champion.


Vous avez connu l’autre grand coach belge, Vercauteren. Comment était-il ?

Il est aujourd’hui directeur technique à Leuwen. Quand on voit cet homme, on peut dire qu’il s’est brillamment adapté au football moderne. Ces types d’entraîneurs sont très proches des joueurs et ont su comprendre le football moderne. Je regarde beaucoup le PSG par rapport à leur entraîneur qui est extraordinaire. Michel Preud’homme a aussi ce caractère à savoir gérer beaucoup de choses. Ce sont des gagneurs et ils insufflent cela à leurs joueurs, comme un père à son fils. Sinon eux ne le font pas, qui le fera ? 



Quel joueur retenez-vous de votre saison de 2011 ? 

J’ai eu la chance de jouer avec Kevin de Bruyne, ce sont des mecs qui pouvaient changer le cours d’un match sur une action. Mais je n’oublie pas avoir côtoyé d’autres champions comme Mangala, Courtois, Witsel, Benteke, j’ai connu tous ces joueurs qui sont encore dans le paysage du football mondial. 


A Bordeaux, nous avons connu Landry Nguémo. Je crois que vous vous connaissez…

Landry, c’est d’abord un ami. Je l’ai côtoyé en sélection et à Yaoundé. J’ai quelque amis qui vivent à Bordeaux, et c’est vrai que vous avez un beau stade. C’est un formidable joueur et vous avez eu de la chance de l’avoir à Bordeaux. 



Vous avez joué en sélection camerounaise, pourriez-vous évoqué cette période et les évolutions de l’équipe ?  

Je me souviens de Cameroun-Sénégal avec Fadiga, Diouf, Niang etc…C’était du lourd. J’ai vécu avec la grande équipe nationale du Cameroun. A l’époque, il y avait des bolides comme Rigobert Song et plein d’autres. J’ai passé des années extraordinaires en sélection. Lors de la dernière CAN, nous avons eu la moins talentueuse sur le papier mais c’est celle qui avait le plus envie de gagner. On parle du football technique mais il ne faut pas oublier le football psychologique. Avec beaucoup d’amis, nous avons été surpris et cette équipe nous a montré ce qu’est le football moderne. J’ai pu côtoyer ce coach et cette belle génération s’imposera sûrement d’un point de vu individuel. Cette génération a démontré que l’abnégation et l’union étaient les clés pour gagner.



Que peut on vous souhaiter ? 

Je suis dans ma reconversion et je souhaiterais intégrer un staff dans la formation. Mon moment viendra naturellement dans ce monde que j’aime tant et j’espère qu’on pourra se rencontrer physiquement aussi. 


Avec plaisir ! A très vite Eric !

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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