Equipe de France : "Ce sera très compliqué pour la Moldavie"

Le 22 03 2019 à 16h58

Dans une interview exclusive, Serghei Cleșcenco se livre sur le Sheriff Tiraspol, les Bleus et la Moldavie.

Son nom pourrait faire sourire mais Serghei Clescenco est une véritable légende du football moldave incarnant le meilleur total de buts sous le maillot de l’équipe nationale. L’ancien attaquant a tout de même côtoyé Yossi Benayoun à Haifa et remporté quelque titres ici ou là. En marge de cette première rencontre entre la Moldavie et la France, il a répondu à nos questions. 


Bonjour Serghei, vous êtes une légende en Moldavie, quel poste occupez-vous aujourd’hui ? 

Bonjour Jean-Aurel, aujourd’hui je suis entraîneur des U21 Moldave. J’ai eu une carrière bien remplie c’est vrai même si je n’ai jamais joué dans un top championnat européen mais j’espère faire aussi bien en tant que coach, vivre sa passion, c’est déjà énorme et puis tu sais ici, accueillir la grande équipe de France, championne du monde en titre, c’est extraordinaire pour nous. 


En Moldavie, le Sheriff Tiraspol semble régner sans partage sur le championnat …

Quand tu regardes leur effectif, ils ont accueilli des joueurs étrangers et ont mis des moyens pour gagner chaque saison le titre et accéder aux barrages de coupe d’Europe. Nous sommes un tout petit pays où l’argent se fait rare alors, imagine le football. Mais il faut être fier de ce que nous réussissons à accomplir et puis je suis sûr que certains joueurs français seraient étonnés du niveau. Je ne vais pas te mentir, ce ne sont pas les grandes ambiances européennes mais quelqu’un qui cherche du temps de jeu et une expérience, tout le monde pourrait s’y retrouver au final. 


Il me semble que le Sheriff avait fait une belle campagne en 2013-2014, non ? 

Ouais effectivement. Tout le monde se moquait un peu de nous et puis, après avoir été basculé en Europa League, ils tombent sur une poule où nous étions condamnés d’avance et finalement tu ne perds que 2-1 à White Heart Lane, avec Defoe qui marque sur penalty et Isa réduit le score sur une balle qui traîne et tu fais match nul contre l’Anzhi à domicile où tu pouvais largement espérer plus. Tu ne passes pas pour 2 points et c’est dur. Bref, c’est le football mais mon club de coeur c’est Zimbru. Le club revient petit à petit, l’année dernière, ils ont atteint la finale de coupe mais le chemin est encore long pour réellement pouvoir rivaliser avec le Sheriff et a fortiori les infrastructures de Serbie ou Croatie. 


Revenons à ta carrière, regrettes-tu de ne pas avoir jouer dans un grand championnat ? 

Je n’ai pas à rougir de ma carrière, j’ai fait le maximum et puis je n’ai pas forcément été formé avec les mêmes moyens que d’autres footballeurs. J’ai passé de fabuleux moments, car le football m’a fait voyagé et pour moi, cela me semblait impossible quand j’étais plus jeune. Aujourd’hui, rends toi compte, je vis grâce au football et les gens ici se souviennent de moi. J’aurais aimé connaître le championnat de France mais l’occasion ne s’est pas présentée. 



Que penses-tu de l’équipe de France et de Bordeaux ? 

J’ai déjà voyagé en France mais malheureusement pas à Bordeaux. Les Bleus (en français) ont toujours été une solide équipe avec pas mal des meilleurs joueurs du monde. Nous aurons une chance s’ils nous sous estiment un peu et si le public suit mais on ne va pas se le cacher, cela sera très compliqué pour nous. 


Merci Serghei !



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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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