Champagne rosé

Le 29 09 2018 à 17h33

Cédric Fauré, ancienne légende du Stade de Reims et de Toulouse s'est confié sur sa carrière

Cédric Fauré, l'enfant du Toulouse Football Club, est aussi passé par le Stade de Reims où il a laissé des bons souvenirs et quelque buts au compteur aussi. Avant le déplacement des Girondins de Bordeaux à Reims, il évoque pour nous certains points.


Bonjour Cédric, comment allez-vous et que devenez-vous ?

Tout va bien, pour l'instant je suis à Luzenac où on tente de bâtir pierre après pierre. Les dirigeants essaient de reconstruire quelque chose, de soigner les blessures et de repartir sur de nouvelles bases. Nous avons gagné le procès mais le club n'a pris que 2000 euros, ça ne met même pas du beurre dans les épinards. C'est le salaire de 2-3 joueurs sur un mois. Les dirigeants attendaient dans les 40k euros … (songeur)comment détruire un club...

Pour ce qui est de mes diplômes d'entraîneur, je vais commencer à partir de l'année prochaine, aujourd'hui, revenir en France, ça demande beaucoup de logistique, je dois vendre ma maison en Belgique...


"Quand on voit Bordeaux, les entraîneurs qui changent, comment voulez-vous qu'un club se pérennise dans la durée ?"


Pour en revenir avec le Stade de Reims, quel souvenir en gardez-vous ?

Je fais partie du top 10 des meilleurs buteurs je crois. Pour faire le parallèle avec Bordeaux, je me souviens de la demi-finale de coupe de la ligue en 2008 contre les Girondins. On avait perdu 1-2 avec un penalty litigieux de Darcheville mais bon...les gros contre les petits...


Les Girondins, c'est particulier pour vous ?

Bordeaux, c'est le derby de la Garonne, bien sûr le doublé que j'avais mis à Chaban-Delams et ensuite, ça a toujours été des matchs intéressants. Cependant, j'ai l'impression de voir la même physionomie qu'à Toulouse, car chaque saison, ils ont du mal à être dans les 6-7 premiers même si c'était le cas pour vous l'année dernière. On a l'impression que ça manque un peu d'ambition.



C'est à dire ?

Il manque de l'ambition, il y a des joueurs qui sont vendus, les meilleurs partent, c'est mon point de vu, mais les perles rares sont déjà souvent suivis par les grands clubs. Et puis, miser sur des potentiels c'est souvent des coups de poker. Il y a des joueurs que Bordeaux ou Toulouse pourraient attirer. Par exemple, quand je vois Saint Etienne, M'Vila, ça progresse tous les ans. Je me dis qu'il y a la place de faire la même chose dans le Sud Ouest. Mais bon, quand on voit Bordeaux, les entraîneurs qui changent, comment voulez-vous qu'un club se pérennise dans la durée ?


"Bordeaux, c'est le derby de la Garonne, bien sûr le doublé que j'avais mis à Chaban-Delams et ensuite, ça a toujours été des matchs intéressants"


Vous avez connu Erick Monbaerts au début de votre carrière. Etait-ce le coach bâtisseur qu'il fallait à Toulouse ?

'Rick Monbaerts est arrivé quand le club était à la rue, en National. Ils ont mis un entraîneur formateur avec Revault, Prunier, Lièvre, sa personnalité a beaucoup aidé en effet. La mayonnaise entre le coach et les anciens a pris mais celui qui m'a pris sous son aile, c'est William Prunier.


William Prunier aussi passé par Bordeaux, quel joueur c'était dans l'intimité ?

Un mec avec beaucoup de charisme, qui n'avait pas besoin de parler énormément pour savoir ce qu'il pense. Il ne va pas faire de grand discours par contre, il ne va pas mâcher ses mots quand il va parler.


Vous avez aussi connu les caviars de Julien Féret ...

Julien Féret, (rires) il voyait ce qu'il se passait avant que ça arrive. Le ballon arrivait toujours dans les pieds. Il préférait faire des passes que d'être individualiste.


A Guingamp, vous avez connu Gourvenec qui a aussi entraîné Bordeaux. Y-a-t-il des similitudes entre Monbaert et Gourvenec ?

C'est différent, Gourvenec tactiquement est très fort, il travaille beaucoup. Mais la seule chose que je peux lui reprocher, c'est qu'en tant qu'ancien joueur, il était trop droit et trop dur dans certaines situations. Pour moi, il faut un certain relationnel avec les joueurs. A Guingamp, il les a fait monter de National en Ligue 1. Mais à Bordeaux, il avait un groupe avec un certain caractère. Au début, ça allait mais après les petites choses et le relationnel, ça compte beaucoup aussi.

En plus, à Bordeaux, il y a souvent pas mal de Sud-américains et on sait qu'ils fonctionnent différemment. Si le relationnel passe, ils donnent tout sur le terrain derrière. Pour moi, coacher, c'est un juste milieu. Les joueurs, c'est un peu comme des gosses, il faut être strict et/ou souple quand il faut.



Difficile de ne pas vous parler d'Anthony Bancarel. Avez-vous échangé sur Bordeaux ?

Non sauf la coupe d'Europe en 1996. D'ailleurs, il m'a parlé d'un match, quand il pleuvait, au Milan AC je crois...et il jouait en moulés, et il n'a jamais changé. Je lui dis si tu fais ça aujourd'hui, tu te fais tuer. Mais avec Zidane, Dugarry et les autres, c'était extraordinaire. A Bordeaux, il se sentait bien. Pour lui, cette période, c'était merveilleux. On n'en a pas trop parlé non plus parce que je voulais pas être la groupie (rires).



Un mot pour les Rémois et les Bordelais qui vont vous lire ?

J'ai passé 6 ans et demi merveilleux, c'est la partie la plus longue de ma carrière, même si je ne suis pas au club, ça restera toujours ancré en moi, et ça restera mes plus beaux souvenirs de footballeur. Et si Bordeaux, cherche un entraîneur pour les attaquants, je suis là (rires).


Merci Cédric ! 


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L'auteur

Jérémy Peltier

Développeur du site Leero Sport News et éperdument ébahis devant la légende vivante Zinédine Zidane.

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