A jamais Dijonnais

Le 25 11 2018 à 11h10

Stéphane Mangione, joueur ayant porté le plus de fois le maillot du Dijon FCO a répondu à nos questions pour la rencontre face au FC Girondins de Bordeaux

Stephane Mangione, joueur le plus capé et chouchou du Dijon CO évoque son club de cœur avant la rencontre face aux Girondins de Bordeaux, club dont il fut le bourreau un soir de Coupe de la Ligue en 2004 presque jour pour jour.


Bonjour Stéphane, que devenez-vous ?

Je suis formateur au CFA du Sport et dans un club de N3 à Selongey. J'ai fait ma reconversion dans ce club, dans le rôle d'entraîneur et c'est ce côté formateur qui me permet de me retrouver dans le sport aujourd'hui me permettant de me lever le matin en faisant ce que j’aime !


"C'est là, la différence entre des clubs moins huppés que Bordeaux par exemple, c'est le temps pour progresser et travailler"


Quelles sont les difficultés que vous rencontre en N3 ?

C'est un challenge difficile et serré avec certaines problématiques de fond car il y a les réserves pro, des clubs historiques qui travaillent comme des clubs pro, et nous avec l'ogre dijonnais à côté, nous devons nous débrouiller avec très peu de moyens, une disparité de structures importantes. Ce n'est pas simple, non.

Au quotidien, on travaille en binôme sur la N3, moi j'ai en charge le recrutement mais les autres années le DFCO avait une équipe réserve et une équipe régionale et on pouvait ramasser quelque joueurs satisfaisants et intéressants. Aujourd'hui, le recrutement est délocalisé et il y a beaucoup de jeunes qui viennent d'ailleurs et qui rentrent chez eux quand l'aventure se termine pour eux. On fonctionne comme on peut en créant des réseaux professionnels avec des emplois ou des études alternantes.


"Avant Bordeaux, ça voulait dire Ligue des champions à la télé, une formation bien huilée et un effectif costaud sur la scène européenne"


On s'attendait à vous voir intégrer le Dijon FCO, que s'est-il passé ?

Bonne question, nul n'est prophète en son pays. Il y a beaucoup de clubs qui travaillent avec des anciens, l'AJ Auxerre, etc... et d'autres qui préfèrent laisser le passé au passé, j'ai pas trop d'explication mais ça ne s'est pas fait mais je suis heureux et reste supporteur du DFCO. Je garde tout de même de bonnes relations avec le club. Et je me réjouis que ça marche bien pour eux, d'ailleurs.


"On venait de National avec plein de joueurs de petits clubs ou en échec dans les centres de formation. Et Bordeaux n'a pas été le seul club à passer à la trappe"


Pourriez-vous nous parler de ce club que vous connaissez parfaitement ?

Chaque année, c'est faire la meilleure saison possible en se maintenant le plus rapidement possible mais l'appétit vient en mangeant, le recrutement est excellent. La cellule de recrutement c'est le point fort du club. Par exemple, Reynet, Lees-Melou, l'ASSE qui met 10 millions d'euros sur Diony c'est bien mais la difficulté du club c'est garder les éléments forts. Chaque année, il faut trouver les jeunes, faire confiance comme avec Loiodice, garder l'ambiance professionnelle mais aussi familiale, ce sont ces ingrédients qui font l'identité de Dijon actuellement.



Qu'est ce que représentent les Girondins pour vous ?

J'ai joué avec pas mal de Bordelais, passé par la formation comme Nicolas Sahnoun ou Sala. Ils travaillent avec plus de pression que Dijon. La qualité du recrutement de Bordeaux était importante, peut être un peu moins ces dernières années. Avant Bordeaux, ça voulait dire Ligue des champions à la télé, une formation bien huilée et un effectif costaud sur la scène européenne mais après c'est très difficile de se maintenir au haut niveau avec tous les tenants et les aboutissants qui existent dans le football. Il y a peut être un manque de stabilité avec les changements de coachs et c'est compliqué d'atteindre le sommet si vous n'avez pas de bases solides. Mais cela va s'arranger avec les nouveaux propriétaires, j'en suis convaincu.


Emiliano Sala à la table des meilleurs buteurs européens, ça vous étonne ?

Absolument pas, Emiliano possède toutes les qualités des Sud-Américains : généreux, talentueux, travailleur et toujours de bonne humeur en dehors du terrain. Mais c'est là, la différence entre des clubs moins huppés que Bordeaux par exemple, c'est le temps pour progresser et travailler. Bordeaux a besoin de résultats tout de suite, mais après un garçon qui met à Orléans plus de 20 buts, qui met une dizaine de buts à Caen, qui marque un peu avec Bordeaux, ça ne doit pas passer à travers. Et d'autant plus à Bordeaux, où vous êtes connu pour bien recruter en Amérique du Sud.

C'est juste dommage pour Bordeaux qu'un garçon issu du centre de formation marque autant dans un autre club. Mais cela arrive à tous les grands clubs.




Que pensez-vous de Julio Tavares l'un des meilleurs attaquants de Ligue 1 ? Incarne-t-il les valeurs du Dijon FCO ?

Ouais il incarne à la perfection les valeurs de Dijon. Un joueur que le club est allé à Bourg Péronnas et qui a réussi dans chaque division. Il a eu la confiance des coachs, du club. C'est quelqu'un de simple, très travailleur. On va chercher dans les niveaux inférieurs où on sait ce que c'est que d'avoir la chance de jouer en pro et lui c'est le parfait exemple. A contrario, Dijon lui rend l'appareil en le prolongeant, en lui donnant le capitanat.



Vous avez connu Rudi Garcia, peut-on dire que c'est l'homme clé à l'Olympique de Marseille ?

Carrément ! On a eu la chance d'avoir de bons entraîneur à Dijon. Mais Rudi a marqué la ville et le club. C'est mon meilleur coach en tant que joueur. Ce sont mes plus belles années, il sait tirer le meilleur de son groupe et sait bâtir. Je ne suis pas surpris aujourd'hui. Il y a toujours des éternels insatisfaits, mais quand on compare aux grosses cylindrées du championnat, il y a une grande différence en termes d'effectif et ce qu'il a fait, est fantastique. Il a énormément compté pour moi, donc je ne suis peut être pas objectif (rires). Mais il sait aussi bien s'entourer et dans le sport, même dans la vie c'est important de s'appuyer sur les bonnes personnes.


Vous avez joué avec Pierre Emerick Aubameyang prêté par le Milan AC. Etes-vous surpris de le voir parmi les meilleurs numéros neuf du monde ?

Quand on côtoie ce genre de joueur, on n'est pas étonné par la trajectoire même si sincèrement je ne pensais qu'il ferait partie des meilleurs attaquants mondiaux. Mais à Dijon, il est arrivé très humblement en provenance du Milan, à l'écoute des anciens, il avait déjà ses qualités d'explosivité. Son rêve était d'aller au Real, un jour peut-être.



Quand vous affrontez Bordeaux en 2004-2005 (Coupe de la Ligue où Stéphane Mangione marque un but à la 120e) , que vous dites-vous ?

Dans le vestiaire, il y a 80% de joueurs de national qui ont fait la montée, on s'est dit qu'il faut savourer chaque match. On voulait marquer un but de plus que l'adversaire, c'était la philosophie de Rudi Garcia. On respectait tout le monde. On venait de National avec plein de joueurs de petits clubs ou en échec dans les centres de formation. Et Bordeaux n'a pas été le seul club à passer à la trappe et puis cette année là on finit 4eme.


Un mot pour les fans qui vont vous lire.

Comme évoqué dans le livre des 20 ans du Dijon FCO, j'ai vécu de belles années. Je suis très heureux d'avoir pu avoir le soutien et la patience des supporteurs. Comme j'étais un pur produit dijonnais, j'espère que le club va encore plus grandir et ne pas se donner de limite dans les ambitions. Voir Dijon en Europe ce serait l'aboutissement pour tout ceux qui ont contribué à avoir amené le club là où il est.


Merci Stéphane !


ABONNEZ-VOUS à notre chaîne YOUTUBE pour suivre nos LIVES COMMENTES ou nos EXCLUS (cliquez sur le lien)



  • 239 vues
  • 0 commentaires

L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

Voir les articles

Cet article n'a pas encore de commentaire. Soyez le premier à le commenter !