Boris Laval "Il était temps de passer un cap pour Till Cissokho"

Le 23 06 2019 à 08h49

Pour Leero Sport News, Boris Laval et Arnaud Vaillant, agent et conseiller du joueur ont répondu à nos questions sur le transfert du désormais ex-Bordelais : Till Cissokho

Arnaud Vaillant et Boris Laval, respectivement, conseiller et agent du joueur reviennent pour Leero Sport News sur le transfert de Till Cissokho vers Clermont, pourtant annoncé comme l’un des futurs très grands à son poste. Sans jeu de mot. 



Bonjour Messieurs, Till Cissokho vient de signer au Clermont foot tandis qu’il avait signé pro aux Girondins cet hiver. Que s’est-il passé entre ? 

Boris Laval : Till était considéré comme un espoir du club mais il y a eu une redistribution des cartes quand le nouvel entraîneur est arrivé. L’idée était de travailler sur des jeunes du centre de formation et réaliser des ventes à court terme parce qu’il y avait des objectifs de rentabilité du fait de la prise en main du club par les Américains et puis après, il y a des histoires d’hommes, de profils et Till ne rentrait pas dans ce projet-là. Till a un profil particulier, grand athlétique et malgré tout rapide. Il n’était pas dans la matrice de Sousa. Ils ont d’autres priorités de recrutement au poste de Till. 


Arnaud Vaillant: Au niveau du timing, il n’avait pas le même espace-temps que nous. Pour nous, il était prêt, mais ce n’était peut être pas l’avis du club. Nous aurions été d’accord pour le mettre même numéro 3 ou 4 mais ce n’était pas une envie partagée. Nous avons préféré accélérer les choses. Mais c’est plus une question de timing. Eux voulaient attendre tandis que nous estimions que cela faisait déjà 3 ans qu’il surclassait les catégories inférieures, il était donc l’heure pour nous d’intégrer un groupe pro et d’enchaîner. Il fallait qu’il passe un cap et c’est pour cela qu’on a pris cette décision collégiale.


Pourtant on a l’impression qu’il avait eu sa chance face à Saint Etienne notamment. Est-ce que l’arrivée de Cissé a fait pencher la balance ? 

BL: Il fait un match cohérent contre Saint Etienne et cela nous a démontré qu’il était prêt pour le haut-niveau. On avait pensé qu’il aurait pu avoir une nouvelle chance de s’exprimer et de prouver qu’il pouvait exister à ce niveau. Cependant, je ne pense pas que l’intervention de Cissé ait fait pencher la balance. Je pense que cela s’est centralisé autour du choix de Sousa. Nous estimons qu’il aurait pu avoir sa chance à Bordeaux mais on ne pouvait pas se permettre de laisser la place au hasard et de compter sur des blessures pour jouer. 



Y-a-t-il eu des touches avec Bernard Diomède pour intégrer l’effectif U20 de la Coupe du monde ? 

BL : Et bien, je vais laisser répondre Arnaud. Mais à titre de comparaison, vous avez Saliba qui était plus légitime à jouer du fait de son temps de jeu important à Saint Etienne en Ligue 1. Il faut pouvoir se montrer plus longtemps, rassurer le séléctionneur sur son niveau et notamment chez pros. Quand on peut confirmer avec son club formateur, cela prend son sens ensuite d’être sélectionné en équipe de France. 


AV: Till a fait toutes les catégories d’équipe de France, après il y a quand même un écart important entre U18 et U20. Ce qui lui manque, c’est cette régularité dans l’équipe une. C’est ce qui lui a manqué à Bordeaux. Quand vous regardez les U19 ou U20, ce sont des jeunes qui jouent même en National 1. Le fait qu’il aille à Clermont, il va découvrir la Ligue 2 et gagner sa place le plus vite possible, l’important c’est d’appartenir entièrement à un groupe professionnel. La différence, elle se fait là. 


BL : il faut être vigilant car le propriétaire du club de Clermont est germanophone, il a des attaches en Allemagne et le responsable du recrutement, Ingo Winter, est très proche de la fédération allemande. Till est potentiellement séléctionnable avec l’Allemagne… Il ne faut pas non plus l’oublier et je sais qu’outre Rhin, on l’observe attentivement. 



Clermont est une terre fertile pour les anciens bordelais (Bernardoni, Nsimba). Y-a-t-il des transversalités entre les Girondins et Clermont ? 

BL: Et bien, Vital Nsimba vous faites bien d’en parler car nous représentons ses intérêts. Avant tout, si les joueurs s’épanouissent c’est parce que c’est un club sain qui fait les choses simplement. C’est un club qui travaille beaucoup aux dépens de certaines capacités, financières notamment. Ils ont des idées. Ils font travailler les joueurs travaillent et ils progressent. Le travail c’est fidèle : plus on bosse dans son club, plus on est performant. Cela tient aussi à ses responsables techniques. Je me souviens de Corinne Diacre qui avait des principes de jeu forts et aujourd’hui, il y a Pascal Gastien qui a été élu meilleur entraîneur de Ligue 2 parce qu’il donne goût au jeu et comme par hasard il y a des résultats. Maintenant, il n’y a rien d’installé entre les deux clubs même tacitement. Cela se fait comme ça de manière spontanée. 


Quel est le projet clermontois pour l’année prochaine ? 

BL : les nouveaux propriétaires se rapprochent du rugby pour mutualiser le centre de formation mais aussi certaines compétences, certaines ressources, certains partenaires. Il y a une idée de se rapprocher des performances de l’ASM. L’objectif du club, c’est de jouer les premiers rôles et de se qualifier pour les barrages dans un premier temps.


Quel est le montant du transfert ? 

AV : Ce qu’on peut dire, c’est que c’est un transfert sec, pas un prêt. il y aura un pourcentage à la vente pour Bordeaux.  


BL: Il y a des clubs de Ligue 2 qui veulent bien jouer le jeu de prendre des joueurs à des clubs de L1 mais ne veulent pas faire tout le travail à leur place, prendre le risque de finir de le former, les faire jouer et n’en tirer aucun bénéfice financier. Un club de Ligue 2 est enclin à prendre un joueur pour ensuite avoir la main sur le prochain mouvement, cela valorise aussi leur travail. Les clubs de Ligue 2 n’ont rien à envier sur le travail effectué avec les jeunes par rapport aux clubs de Ligue 1. Et puis c’est une bonne étape intermédiaire aussi pour les joueurs pour accéder au plus haut-niveau. 


AV: On ne va pas se cacher, Clermont va aussi chercher à faire une opération avec Till de façon à pouvoir aussi se renforcer un peu plus pour accéder à la Ligue 1. 



Quel sera l’avenir de Yassine Benrahou que vous représentez ?  

BL : Yassine est tout à fait dans le projet de Bordeaux, la direction nous a confirmé qu’ils comptaient sur lui. Sousa le veut pour l’année prochaine. Il l’a démontré aussi cette fin de saison, aujourd’hui, il est prévu qu’il fasse la reprise avec les Bordelais et qu’il aille chercher du temps de jeu. Il s’est imposé sur la fin de saison et tant mieux. 


Comment va évoluer la formation bordelaise ?

AV : Il y a de bonnes choses. C’est important de voir d’autres idées arriver au club et tout ce qui a été fait n’est pas à jeter. On dit souvent que Bordeaux, c’est agréable, c’est tranquille, et c’est bien de voir du changement. Il y aura un travail différent. On va maintenant voir sur du long terme ce que ça donne. On regardera au niveau de l’équipe première comment cela va être géré. Ils ont trouvé un repreneur qui va injecter des sommes importantes et c’est nécessaire. Maintenant avec la nouvelle gouvernance, on espère que Bordeaux va retrouver les premières places. Ce virage était pour moi, important à prendre. 


BL : il y a eu des déclarations importantes et fortes concernant le centre de formation. Ils ont sûrement dans leur prévisionnel l’objectif de sortir des jeunes chaque saison. 


L’organigramme va-t-il continuer d’évoluer ?  

AV : Le responsable c’est Souleymane Cissé, c’est quelqu’un de cohérent, proche des jeunes. Ce sera lui qui fera la passerelle avec les pros.


BL : il a audité la formation, il a coupé franchement en prenant des décisions fortes sur des catégories clés, ils se sont séparés d’un préparateur physique et d’entraîneurs. Il va y avoir un renouveau. Ce sont chaque fois des recommencements et c’est pas si mal pour Bordeaux. Je n’ai aucun doute que l’organigramme va continuer à évoluer.


Merci Messieurs ! 

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L'auteur

Jean-Aurel Chazeau

Fondateur Leero Sport News et juriste en herbe rêvant comme un gosse devant les passements de jambes de Roni, pense toujours qu'Edixon Perea aurait pu jouer dans un top club.

@J_AurelChz | jeanaurelchazeau.com

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